Santé

Dans le cadre d’un baromètre socioéconomique et sanitaire de la population d’un territoire donné, il est aujourd’hui nécessaire, lorsqu’on aborde un chapitre sur les données de santé, d’évoquer également la question des déterminants sociaux de la santé.
Dans ses travaux, l’OMS définit les déterminants sociaux de la santé comme les circonstances dans lesquelles les individus naissent, grandissent, vivent, travaillent et vieillissent, ainsi que les systèmes mis en place pour
faire face à la maladie1.

Cette approche souligne l’importance d’un système de soins de santé accessible à tous, mais également que les choix politiques et économiques ainsi qu’une répartition inégale du pouvoir, des revenus et des biens, ont un impact important sur les conditions de vie des personnes (scolarisation,
conditions de travail, loisirs, habitat, etc.) et au final sur leur état de santé.
Dans ce contexte, analyser les questions et les problématiques de santé de la Ville de Charleroi doit nécessairement faire des ponts entre des données en lien direct avec ce secteur (mortalité, santé mentale, maladies cardiovasculaires, comportements de consommations, etc.) et des données d’autres secteurs, présentées dans différents chapitres de ce baromètre (niveau de revenu, niveau d’instruction, chômage, sécurité, mobilité, cohésion sociale, etc.). Cette approche met également en lumière la responsabilité
de l’ensemble des politiques (publiques et privées, à tous les échelons) dans la mise en œuvre de leurs interventions, pour que celles-ci soient porteuses de bien-être et de santé. Travailler au bien-être des personnes et améliorer leur santé, c’est en effet réduire les incidences sociales de la précarité et de l’exclusion sociale, c’est construire une société qui permet à chacun de trouver sa place, de donner un sens à sa vie et d’être utile à la collectivité.
Ce chapitre développe quatre thématiques : la mortalité, l’état de santé, les comportements et facteurs de santé et finalement l’offre et la consommation de soins.

1 OMS (2005), « Les déterminants sociaux de la santé » [En Ligne] http://www.who.int/social_determinants/fr/ (consulté le 17-06-2015)

 

Mortalité

Mortalité totale

Données de mortalité : synthèse - quels enseignements ? Les données de mortalité demeurent une importante source d’information à propos de la santé des populations. Elles sont exhaustives et permettent un suivi sur plusieurs années. Pour rappel, par rapport aux territoires qui l’entourent, le Hainaut affiche globalement une mortalité plus élevée tant pour les hommes
que pour les femmes (cfr. Tableau de bord de la santé Observatoire de la santé du Hainaut (O.S.H. 2016)).
Pour Charleroi, l’ensemble des données met en avant une mortalité plus importante, en comparaison avec d’autres niveaux de territoire :
- Une mortalité à Charleroi pour les hommes de 10 % supérieur au Hainaut et 19 % en comparaison au territoire Wallon,
- Une mortalité à Charleroi pour les femmes de 10 % supérieure à celle de la Wallonie, et 8 % supérieure à celle du Hainaut entre 2011 et 2015.

Tableau I : Mortalité totale en 2015 : Nombre de décès selon le sexe, comparaison territoriale, 2015

A Charleroi, on a enregistré 1.260 décès féminins et 1.111 décès masculins en 2015. La mortalité carolorégienne correspond à près de 15.5 % de l’ensemble des décès du Hainaut. En 2015, sur 1000 Wallons décédés, 61 sont des habitants de l’entité de Charleroi.

Indices comparatifs de mortalité selon le sexe

L’indice comparatif de mortalité (ICM) représente le rapport entre le nombre de décès observés dans une population et le nombre de décès qui seraient obtenus si les taux de mortalité de chaque tranche d’âge étaient identiques à ceux de la population de référence wallonne à laquelle on attribue la valeur 100. Ainsi, un ICM de 110 signifie une mortalité de 10 % supérieure à la moyenne wallonne et un ICM de 90 signifie une mortalité de 10 % inférieure.

Tableau II : Indice comparatif de mortalité selon le sexe , 2011-2015 (réf Wallonie 2010 = 100)

Le tableau ci-dessus compare la mortalité de la Belgique, du Hainaut et de Charleroi à celle de la Wallonie.
Entre 2011 et 2015, la mortalité à Charleroi était de 19 % supérieure chez les hommes et 10 % chez les femmes par rapport à celle de la Wallonie ; respectivement de 10 % et de 7 % supérieure (à Charleroi) par rapport à celle du Hainaut. Comme on le constate, les différences se révèlent plus marquées pour les hommes que pour les femmes.
En termes absolus, on peut estimer que 298 décès masculins et 206 décès féminins pourraient être épargnés annuellement à Charleroi si l’entité présentait les mêmes taux de mortalité que la Belgique.

Figure I : Evolution de l’indice comparatif de mortalité totale, Hommes et Femmes, Charleroi 1991-2015 (réf. Wallonie 2010 = 100)

En 25 ans, la mortalité masculine à Charleroi a diminué de 33 % passant d’un indice comparatif de mortalité de 162 en 1991 à 109 en 2015 avec une légère ré-augmentation en 2012 et 2013. Cette évolution correspond globalement à celle observée en Wallonie et en Hainaut. La mortalité masculine à Charleroi demeure cependant supérieure à celle de la Wallonie.
Durant cette même période, la mortalité féminine totale à Charleroi a diminué de 19 % passant de 135 en 1991 à 109 en 2015. On observe cependant beaucoup de variations liées à des facteurs statistiques entre 2007 et 2015. Les tendances se révèlent similaires en Wallonie mais la mortalité féminine à Charleroi demeure cependant légèrement supérieure. Les décès dus aux maladies cardiovasculaires et aux tumeurs à Charleroi seront analysés un peu plus loin.

Causes de décès2

Causes de décès : synthèse - quels enseignements ?
En 2014, les 3 principales causes de mortalité en Hainaut et à Charleroi demeurent (comme sur les autres territoires nationaux) les maladies cardiovasculaires (28,4 % des décès hainuyers contre 29 % à Charleroi),
les tumeurs (25,1 % contre 24,7 % à Charleroi) et les maladies de l’appareil respiratoire (10,4 % contre 11,3 % à Charleroi).

Tableau III : Causes de décès, comparaison territoriale, 2014

La mortalité liée aux maladies de l’appareil respiratoire à Charleroi en 2014 est due pour 48 % aux pathologies respiratoires chroniques (bronchite chronique, asthme, emphysème…) et pour 26 % aux pneumonies.
80 à 90 % des cas de maladies pulmonaires obstructives surviennent chez des personnes fumant depuis de très longues années. Elles concernent un fumeur sur cinq. L’exposition à la fumée secondaire ou à un environnement dont l’air est chargé de poussières ou de gazs toxiques (mines, fonderies, usines textiles, cimenteries, etc.) sont des facteurs de risque dans l’apparition de ce type de pathologie (OMS).
En 2014, les morts non naturelles correspondent principalement aux suicides (29 % chez l’homme et 14 % chez la femme à Charleroi), aux chutes accidentelles (29 % chez l’homme et 40 % chez la femme), et aux accidents de transport (10 % chez l’homme et 8 % chez la femme). Enfin, les homicides n’interviennent que pour environ 3 % des morts non naturelles en 2014 dans la population habitant Charleroi.
Quant aux décès d’origine digestive, les cirrhoses et autres maladies du foie représentent 62 % des cas chez l’homme et 33 % chez la femme à Charleroi. La maladie alcoolique du foie représente un tiers des décès de l’appareil digestif chez l’homme et un décès sur 7 chez la femme.
Toujours en 2014, les troubles mentaux représentent 2,8 % des décès à Charleroi. Il s’agit essentiellement de problèmes de démence (57 % chez l’homme et 83 % chez la femme) et d’abus d’alcool ou de substances
psychoactives (environ 30 % chez l’homme contre moins de 8 % chez la femme).

2 Pour plus d’informations sur les différentes causes de décès, cf. CIM-10

La maladie d’Alzheimer (48 % chez l’homme et 59 % chez la femme à Charleroi) et la maladie de Parkinson (17 % chez l’homme et 15 % chez la femme) apparaissent comme les principales causes de mortalité liées aux
affections du système nerveux et des organes des sens.
Le diabète est le responsable de la majorité des décès dus aux maladies endocriniennes en 2014 à Charleroi (44 % chez l’homme et 33 % chez la femme). C’est une pathologie vasculaire générée par un excès de sucre
qui touche petit à petit l’ensemble des vaisseaux, avec des conséquences sur différents organes (infarctus, accident vasculaire cérébral, insuffisance rénale, etc)3.

Figure II : Causes de décès (part en %) Hommes, Charleroi, 2005-2014

A Charleroi, sur la période 2005 à 2014, les tumeurs occupent la première place des causes de décès chez les hommes, suivies de près par les maladies de l’appareil circulatoire. Viennent ensuite les décès liés à l’appareil respiratoire (12 % de la mortalité masculine hors cancers) et les morts non naturelles (suicides, morts violentes) pour près de 9 %.

Environ 19 % des décès observés chez les bébés garçons de moins d’un an sont dus au syndrome de la mort subite du nourrisson. Dans la catégorie des 1 à 9 ans, 43 % des décès masculins relèvent de causes non naturelles (notamment décès dus à des accidents de la route ou noyades ou incendies). Chez les jeunes hommes de 10 à 24 ans, un tiers des décès concernent des accidents de la route et 12 % des suicides.

Dans la classe des hommes de 25 à 49 ans, on relève surtout un peu plus de 14 % de décès liés à des tumeurs (dont plus d’un quart sont des cancers du poumon), 18 % à des pathologies circulatoires, 8 % à l’appareil digestif (dont 52 % mettent en cause une maladie alcoolique du foie) et 37 % dus à des causes non naturelles (dont un cinquième sont des accidents de la route et 43 % sont des suicides).

Dans la population masculine de Charleroi âgée de 50 à 64 ans, la mortalité a pour cause essentiellement les tumeurs (plus de 37 % des décès), les pathologies circulatoires (22 %) et les maladies digestives (9 % dont près de la moitié des cas sont une maladie alcoolique du foie).

3 C’est une pathologie vasculaire générée par un excès de sucre qui touche petit à petit l’ensemble des vaisseaux, avec des conséquences sur différents organes (infarctus du cœur, accident vasculaire cérébral, insuffisance rénale, etc.).

Enfin, chez les aînés masculins, ce sont les décès dus à une tumeur (27 % dont un tiers sont des cancers du poumon) et ceux liés à une pathologie de l’appareil circulatoire (30 %) qui représentent la part principale de la mortalité après 64 ans.

Figure III : Causes de décès (part en %) Femmes, Charleroi, 2005-2014

Dans la population féminine de Charleroi, la première cause de mortalité durant cette même période concerne les affections dues à l’appareil circulatoire (32 % des décès féminins) suivie des tumeurs (21 %).
Viennent ensuite les décès liés à l’appareil respiratoire (près de 10 % hors cancers) et aux pathologies du système nerveux et des organes des sens (environ 7 % soit près du double de cette part de décès chez les hommes). Les morts non naturelles concernent un peu plus de 5 % de la mortalité féminine à Charleroi.

Plus de 18 % des décès observés chez les bébés filles de moins d’un an sont dus au syndrome de la mort subite du nourrisson. Dans la catégorie des 1 à 9 ans, environ 39 % des décès féminins relèvent de causes non naturelles (notamment décès dus à des accidents de la route ou noyades ou incendies).

Chez les jeunes filles de 10 à 24 ans, près de la moitié des décès sont de causes non naturelles dont des suicides pour plus de 50 % des cas. Il importe cependant de nuancer ces pourcentages en rappelant que la mortalité féminine est très inférieure à celle des hommes dans ces jeunes classes d’âge, l’analyse portant donc sur un petit nombre de cas.

Dans la classe des femmes de 25 à 49 ans, on relève surtout près de 28 % de décès liés à des tumeurs (dont plus d’un quart sont des cancers du sein), 19 % à des pathologies circulatoires, près de 10 % à l’appareil digestif (dont 45 % mettent en cause une maladie alcoolique du foie) et environ 18 % dus à des causes non naturelles (dont près de la moitié sont des suicides).

Dans la population féminine de Charleroi âgée de 50 à 64 ans, la mortalité met en cause essentiellement les tumeurs (plus de 42 % des décès), les pathologies circulatoires (18 %) et les maladies digestives (un peu moins de 7 %, dont 53 % des cas sont une maladie alcoolique du foie).
Enfin, chez les aînées de Charleroi, ce sont les décès dus à une tumeur (18 % dont un cas sur 6 est dû à un cancer du sein) et ceux liés à une pathologie de l’appareil circulatoire (35 %) qui représentent la part principale de la mortalité après 64 ans.

Mortalité prématurée

Données de mortalité prématurée : synthèse - quels enseignements ?
Sur la période 2001 à 2015, la mortalité prématurée à Charleroi est :
- pour les hommes, supérieure de 20 % par rapport au Hainaut et de 33 % par rapport à la Wallonie
- pour les femmes, elle est de 22 % supérieure par rapport au Hainaut et de 29 % par rapport à la Wallonie
La mortalité prématurée concerne les décès chez les personnes de moins de 65 ans

A Charleroi, 344 hommes et 195 femmes sont décédés en 2015 alors qu’ils étaient âgés de moins de 65 ans, ce qui représente 31 % des décès masculins et près de 16 % des décès féminins de l’année.

Entre 2005 et 2014, à Charleroi, les tumeurs représentaient 29 % des décès masculins (dont plus d’un tiers sont des cancers du poumon) et près de 37 % des décès féminins prématurés (dont 26 % de cancer du poumon et plus de 21 % de cancer du sein). Les morts non naturelles concernaient respectivement 17,3 % des hommes et 10,1 % des femmes, les maladies cardiovasculaires, respectivement 20 % et 17 %.

Tableau IV : Indices comparatifs de mortalité prématurée selon le sexe, comparaison territoriale, 2011-2015

Le tableau ci-dessus compare la mortalité prématurée de la Belgique, du Hainaut et de Charleroi à celle de la Wallonie.
Entre 2011 et 2015, la mortalité avant l’âge de 65 ans à Charleroi était de 34 % supérieure chez les hommes et 29 % chez les femmes par rapport à celle de la Wallonie ; alors que pour le Hainaut, elle est respectivement de 13 % et près de 7 % supérieure.
A Mons, entre 2003 et 2012, la mortalité avant 65 ans était de 22 % supérieure à la Wallonie chez les hommes et de 8 % chez les femmes. A La Louvière, l’Indice comparatif de mortalité prématurée ne diffère pas significativement de celui de la Wallonie tant pour les hommes que pour les femmes.
En termes absolus, on peut estimer que 147 décès masculins et 68 décès féminins prématurés pourraient être épargnés annuellement à Charleroi si l’entité présentait les mêmes taux de mortalité que la Belgique.
Il est à noter que la plupart de ces pathologies sont étroitement liées à des comportements peu favorables à la santé (tabagisme, abus d’alcool, alimentation déséquilibrée, sédentarité…) que l’on peut influencer par
des actions de promotion de la santé adaptées. Les accidents de la route et les suicides constituent l’essentiel des morts non naturelles dont une intervention préventive reste un outil incontournable pour en diminuer
l’ampleur.

Mortalité infantile

Données de mortalité infantile : synthèse - quels enseignements ?
Les décès infantiles sont en forte diminution à Charleroi. Comme dans la majorité des territoires belges.

Tableau V : Nombre moyen de décès infantiles (0 à 1 an), Belgique-Wallonie-Hainaut-Entité de Charleroi, 2013

En 2013, 17 enfants de Charleroi sont décédés avant l’âge d’un an. Ces décès infantiles ont fortement diminué depuis 25 ans. Ainsi, on recensait 50 décès infantiles dans l’arrondissement de Charleroi en 1987.

État de santé

L’Enquête Nationale de Santé par Interview est une des principales sources d’information sur la santé perçue et les déterminants importants tels les conditions ou modes de vie. Cependant, la taille de l’échantillon des
personnes interrogées ne permet pas une analyse au-delà du territoire hainuyer (environ 1000 personnes interrogées en Hainaut en 2013). A l’échelle communale, seule une enquête territoriale sur l’entité pourrait apporter l’information nécessaire quant à certains aspects spécifiques du ressenti et des comportements de santé et ainsi amener à mieux cibler des actions de prévention et de promotion de la santé au niveau local.
Pour information, selon l’Institut de Santé Publique, le pourcentage de personnes se déclarant en mauvaise santé en Wallonie a significativement diminué passant de 28,5 %4 en 1997 à 21,9 % en 2013 mais reste plus important qu’au niveau national où moins de 17 % des personnes interrogées affirmaient être en mauvaise santé. Quant au taux brut de personnes souffrant d’au moins deux maladies chroniques, il se situe aux alentours des 13 % en Wallonie ou en Belgique. Les différents aspects d’analyse des résultats de l’Enquête Nationale de Santé à l’échelle régionale ou provinciale peuvent être consultés via la récente publication de l’Observatoire de la Santé du Hainaut5.

4 Taux standardisé selon l’âge et le sexe
5 Tableau de Bord du Hainaut 2016 : http://www.hainaut.be/sante/

 

Maladies cardiovasculaires

Données maladies cardiovasculaires : synthèse - quels enseignements ?
Globalement, les chiffres carolos correspondent à la situation hainuyère.
Les deux principales causes de décès cardiovasculaires, autant chez les hommes que chez les femmes, sont les cardiopathies ischémiques (infarctus) suivies des maladies vasculaires cérébrales (thrombose, hémorragie cérébrale). Avec de plus faibles pourcentages viennent ensuite les maladies des artères, les insuffisances cardiaques et les troubles du rythme.

Cancers

 

Figure IV : Proportion de décès par maladies cardiovasculaires, selon pathologie, Hommes, Charleroi 2005-2014 – SPF Economie – Nombre annuel moyen de décès = 312

Dans la population masculine de Charleroi, les cardiopathies ischémiques (infarctus) constituent la part la plus importante des décès cardiovasculaires avec une moyenne de 129 décès annuels entre 2005 et 2014.
Ce chiffre représente plus de 41 % des décès cardiovasculaires et plus de 11 % du total des décès masculins.
Les maladies vasculaires cérébrales (thrombose, hémorragie cérébrale) représentent près de 23 % des décès cardiovasculaires ; suivent les maladies des artères, artérioles et capillaires (dissection aortique, rupture
d’anévrisme) (7,1 %), les troubles du rythme (7,1 %) et les insuffisances cardiaques (6,2 %). Globalement, ces chiffres correspondent à la situation hainuyère.
Chez la femme, à Charleroi, les deux principales causes de décès cardiovasculaires sont les mêmes que chez l’homme. Cependant, avec plus de 26 % de décès, les maladies ischémiques sont moins fréquentes que chez
l’homme (plus de 41 %) et touchent en général la femme à un âge plus avancé. A l’inverse, la part des maladies cérébrovasculaires (23 %) et de l’insuffisance cardiaque (8 %) dans la mortalité cardiovasculaire féminine est plus importante que chez l’homme. La proportion de décès dus aux troubles du rythme apparaît également supérieure (11 % chez les femmes contre 7 % chez l’homme), de même que les maladies hypertensives, en revanche la part de maladies des artères, artérioles et capillaires est plus faible.

Figure V : Proportion de décès par maladies cardiovasculaires, selon pathologie, Femmes, Charleroi 2005-2014 – SPF Economie – Nombre annuel moyen de décès = 393

Fréquence de l’infarctus du myocarde

Afin d’évaluer l’ampleur des maladies cardiovasculaires, il est essentiel d’enregistrer non seulement les décès liés à ces pathologies mais aussi le nombre de cas n’ayant pas entraîné une issue fatale. Depuis 1983, Charleroi fait partie d’un des territoires associés à un projet de registre des infarctus (méthodologie MONICA – Organisation Mondiale de la Santé) qui consiste à consigner de manière exhaustive tous les cas d’infarctus qu’ils soient fatals (analyse des certificats de décès) ou non (recueil des séjours hospitaliers).

Figure VI : Taux d’attaque standardisés de l’infarctus du myocarde (fatal ou non), selon le sexe, 25-69 ans, Charleroi, 1983-2011

Le taux de l’infarctus du myocarde (fatal ou non) se révèle trois fois plus élevé pour les hommes de 25 à 69 ans (29,6 pour 10.000 habitants en 2011) que pour les femmes (10,2). Cette situation s’explique par le statut hormonal spécifique des femmes qui les protège vis-à-vis des infarctus du myocarde jusqu’à la ménopause.

Après cette étape de leur vie, le risque d’infarctus du myocarde rencontre progressivement celui des hommes. Toutefois cette protection particulière des femmes ne concerne pas celles souffrant d’un diabète pour lesquelles le risque d’infarctus du myocarde reste le même que celui des hommes quel que soit l’âge de la femme.
La fréquence des infarctus dans cette tranche d’âge a diminué de 43 % pour les hommes et de 32 % pour les femmes entre 1983 et 2011. En valeur absolue, la diminution du taux d’attaque est plus marquée pour les
hommes que pour les femmes.
Depuis 1983, on assiste non seulement à une diminution du nombre total d’infarctus (fatals et non fatals), mais aussi à une baisse de la létalité en lien, entre autres, avec une meilleure connaissance des symptômes et une prise en charge plus efficace. Ainsi, chez les hommes, les infarctus fatals passent de 26,1 pour 10.000 habitants en 1983 à 8,3 en 2011, soit une diminution de 68 %. Chez les femmes, le taux standardisés d’infarctus fatal passe de 8,4 pour 10.000 habitants en 1983 à 3,5 en 2011.
Aux niveaux national, régional et provincial, 40 % du total des produits pharmaceutiques remboursés sont des médicaments destinés aux pathologies cardiovasculaires.

Tableau VI : Dose moyenne journalière pour 1000 habitants et par jour de médicaments prescrits pour les maladies cadiovasculaires, Belgique-Wallonie-Hainaut-Entité de Charleroi, 2013

L’INAMI, via sa base de données Pharmanet, recense l’ensemble des fournitures pharmaceutiques remboursées. Cependant, cette base ne tient pas compte des médicaments non remboursés ni du fait qu’une boîte achetée soit ou non consommée entièrement. Les consommations reprises dans ce tableau sont exprimées en doses moyennes journalières (DMJ), ce qui correspond à la quantité de principe actif que devrait recevoir quotidiennement un adulte de 70 kg pour l’indication principale prescrite.

La consommation est moins élevée à Charleroi (501 DMJ) qu’en Wallonie (519 DMJ soit 4 % plus faible) et surtout en Hainaut (551,5 DMJ soit 10 % plus faible). Un quart de ces médicaments sont destinés à lutter contre l’excès de cholestérol (hypolipidémiants). Les produits actifs sur le système rénine angiotensine,
médicaments luttant contre l’hypertension, rassemblent à eux seuls 31 % des DMJ destinés aux maladies cardiovasculaire.

Cancers

Données cancers : synthèse - quels enseignements ?
Le cancer représente la deuxième cause de mortalité en Belgique, en Hainaut et à Charleroi. Il est donc considéré comme un problème prioritaire de santé publique.
A Charleroi, chez la femme, la mortalité par cancer du sein est la plus fréquente (19 %), suivie par celle causée par des tumeurs de la trachée, des poumons ou des bronches (16 %) et celle due à un cancer colorectal (13 %). Le cancer du col de l’utérus représente encore 7 % de nouveaux cas de cancer. L’examen de dépistage (le frottis du col de l’utérus) est efficace et permet une
diminution incontestable de la mortalité.
Chez l’homme, ce sont les décès liés aux cancers du poumon (34 %) et de la prostate (9 %) qui sont les plus nombreux, viennent ensuite les cancers colorectaux (9 %). De manière générale, le cancer du poumon est plus fréquent à Charleroi que son occurrence moyenne dans le Hainaut.
Les déterminants responsables du développement de ces cancers sont soit spécifiques à une tumeur (par exemple: le tabac en lien avec le cancer du poumon) soit plus généraux comme une alimentation riche en graisses saturées et pauvre en fibre ; la sédentarité ; etc.
Un dépistage précoce pour les trois types de cancers (sein, col de l’utérus et colorectal) pour lesquels un examen efficace et pertinent existe, peut réduire la mortalité liée à ces pathologies.

Tous les organes peuvent être à l’origine d’un cancer et de nombreux facteurs augmentent le risque d’en être atteint : facteurs génétiques, environnementaux (rayonnements, agents chimiques ou pathogènes…)
ou mauvaises attitudes de vie (consommation d’alcool et de tabac, alimentation peu équilibrée, sédentarité, etc).

Une tumeur peut se définir comme étant une maladie cellulaire entrainant une prolifération anarchique de cellules qui détruit le tissu d’origine. Elle peut, soit rester localisée (bénin), soit se développer en dehors de l’organe d’origine (cancer).

Mortalité par cancer

Figure VII : Proportion de décès par cancer en fonction du site de la tumeur primitive, Hommes, Charleroi 2005-2014 – Nombre annuel moyen de décès = 311

Comme dans toute la population masculine belge ou wallonne, le cancer du poumon représente la première cause de décès de l’ensemble des tumeurs malignes chez les hommes de Charleroi sur la période 2005-2014 (soit plus de 34 %). Il est suivi des cancers de la prostate et du côlon (chacun 9 % des cancers masculins) et des voies aérodigestives supérieures (plus de 7 %).

Figure VIII : Proportion de décès par cancer en fonction du site de la tumeur primitive, Femmes, Charleroi, 2004-2015 – Nombre annuel moyen de décès = 250

De même, le cancer du sein demeure à Charleroi comme en Wallonie ou en Belgique la première cause de décès suite à une tumeur maligne chez les femmes (un peu moins de 19 % des décès par cancer féminin dans l’entité).

Suivent ensuite le cancer du poumon (16 %) et les cancers colorectaux (13 %). Comme on le faisait remarquer dans le Tableau de Bord de la santé du Hainaut 2016, on observe une forte augmentation de la fréquence du cancer du poumon chez la femme depuis une vingtaine d’années. En 2002, la part de mortalité due au cancer du poumon représentait 11,4 % des décès par tumeur maligne chez la femme à Charleroi, elle indiquait plus de 17 % en 2014. L’augmentation du tabagisme féminin depuis les années 60 est sans nul doute en lien avec cette réalité.

Incidence des cancers

Pour l’année 2014, 67.820 nouveaux cas de cancers ont été diagnostiqués en Belgique dont 8.214 en Province du Hainaut. 15 % de l’ensemble des cancers enregistrés en Hainaut l’ont été dans la population de Charleroi.
A Charleroi, les cancers du poumon (19,8 % des cancers diagnostiqués) et de la prostate (18,5 %) représentent la part la plus importante des cancers enregistrés entre 2010 et 2014 parmi la population masculine. Viennent
ensuite les cancers colorectaux (12,1 %) et ceux des voies aérodigestives supérieures (9,6 %). Globalement, ce graphique est à l’image de la situation hainuyère.
Chez les femmes, le cancer le plus fréquent entre 2010 et 2014 à Charleroi est le cancer du sein qui représente à lui seul un tiers des nouveaux cas de cancers. Suivent ensuite les cancers colorectaux (12,2 %) et du poumon (9,7 %).
Même si l’incidence du cancer du col de l’utérus ne semble pas importante comparé au trio de tête, sa mortalité pourrait être totalement évitée si la mesure de prévention (un frottis de col tous les 3 ans) était appliquée par l’ensemble des femmes âgées entre 25 et 64 ans6.

6 Recommandations du « Centre communautaire de référence pour le dépistage des cancers » - ASBL: http://ccref.org/contexte-col.php

Dépistages des cancers

Données sur le dépistage des cancers : synthèse - quels enseignements ?
Concernant le dépistage du cancer du sein, l’évolution du nombre de mammotests réalisés à Charleroi et dans toute la Fédération Wallonie-Bruxelles de 2007 à 2012 indique une diminution. La situation carolo est
moins favorable que la moyenne wallonne ou hainuyère.
La couverture du dépistage du cancer du col de l’utérus est globalement inférieure à Charleroi par rapport aux niveaux national, régional ou provincial. Depuis 2008, on observe une diminution de cette couverture sur tous les territoires.
Face à un problème de santé fréquent et grave, un dépistage par un test simple à coût raisonnable assurant ainsi un gain en termes de mortalité ou de morbidité, peut se révéler efficace par la mise en place d’un diagnostic précoce.

Dépistage du cancer du sein

Entamé en 2002 en Fédération Wallonie-Bruxelles, le dépistage organisé du cancer du sein permet aux femmes de 50 à 69 ans de réaliser gratuitement un mammotest, c’est-à-dire une radiographie des seins. En dehors de ce programme spécifique, de nombreuses femmes ont recours à un dépistage opportuniste par mammographie diagnostique (selon la nomenclature de l’INAMI).

La couverture totale correspond au nombre de femmes ayant fait au moins un mammotest et/ ou une mammographie dite « diagnostique » dans l’année considérée. La population étudiée est constituée des femmes inscrites à l’assurance maladie obligatoire et dont l’âge est compris entre 50 et 69 ans.

Tableau VII : Proportion de femmes (50-69 ans) ayant bénéficié d’un dépistage radiologique du cancer du sein, comparaison territoriale, 2013

L’évolution du nombre de mammotests réalisés à Charleroi de 2007 à 2013 indique une diminution de la couverture, certes lente mais réelle, à l’image de la situation wallonne ou hainuyère. En 2013 (dernières données disponibles), Charleroi connaissait une situation moins favorable que la moyenne wallonne ou hainuyère : un taux de couverture global de 51 % avec environ 8 fois plus de mammographies «diagnostiques» que de mammotests. Les chiffres au niveau national sont influencés par la situation en Flandre où le recours au mammotest est plus important.

Déterminants impliqués dans l’incidence et le dépistage des cancers du sein

Facteurs démographiques

En dépit de la campagne Mammotest menée par la Fédération Wallonie-Bruxelles, le dépistage du cancer du sein est insuffisant à Charleroi, que ce soit par la voie « traditionnelle » (bilan sénologique complet) ou par le mammotest. C’est à Charleroi que la campagne a rencontré le moins de succès dans tout le Hainaut.
Pour réduire efficacement la mortalité des cancers du sein, il faudrait que plus de 70% des femmes âgées de 50 à 69 ans se fassent dépister systématiquement tous les 2 ans7.

Facteurs socioéconomiques

Le taux d’incidence du cancer du sein est plus grand chez les femmes à statut socio-économique élevé car il y a augmentation des facteurs de risque (grossesse tardive, ménarche plus jeune, ménopause plus âgée, consommation d’œstrogène, consommation d’alcool, diagnostic plus fréquent suite à un meilleur accès au dépistage) et une diminution des facteurs de protection (allaitement moindre, nombre d’enfants plus faible et plus tardif).
La survie au cancer du sein est, par contre, moins bonne chez les femmes défavorisées sur le plan socioéconomique. Cela s’explique par 2 raisons8 :
– Un retard de diagnostic et conséquemment un traitement différé, une moindre résistance liée à un statut nutritionnel moins bon, à la présence de co-morbidité ou au support social plus faible.
– La pratique du dépistage moins élevée chez ces femmes est liée aux faibles revenus ou au renoncement des soins pour raisons financières, aux autres priorités de vie à régler, à l’image peu importante accordée à son corps, au sentiment de ne pas maîtriser sa vie, etc.

La couverture par le dépistage par mammographie montre des inégalités sociales en relation avec le niveau d’instruction mais ne varie pas de manière significative en fonction du niveau d’urbanisation.

L’Enquête Nationale de Santé par interview montre le rôle prépondérant du médecin spécialiste et généraliste dans la motivation des femmes. Suite à ce constat une enquête a été réalisée en mai 2002 auprès des Médecins Généralistes de l’entité sur leurs habitudes de dépistage des cancers féminins. Les médecins
généralistes féminins sont plus concernés par cette problématique mais, de manière générale, les médecins attendent des radiologues un bilan sénologique complet.

Facteurs individuels

Dans les facteurs individuels, il y en a sur lequel on ne peut rien changer comme le sexe, la prédisposition génétique, les antécédents familiaux et les facteurs hormonaux.

Par contre, l’obésité, et plus particulièrement la plus grande abondance de tissu adipeux, la consommation excessive d’alcool (parce qu’elle entraîne une augmentation de la concentration sanguine des hormones sexuelles), le tabac et la sédentarité plus élevée chez les femmes sont des facteurs de risque clairement associés au cancer du sein9.

7 Référence : KCE (Centre Fédéral d’Expertise des Soins de Santé), 2005, « Dépistage du cancer du sein », reports vol.11B), [En ligne] : https://kce. fgov.be/sites/default/files/page_documents/d20051027306.pdf


8 Référence : ASBL carolo Prévention Santé– Michèle Lejeune et Dr Bastin (ISPPC), 2008, Plan de promotion du dépistage des cancers féminins à
Charleroi –


9 Danaei & al., 2005, «Causes of cancer in the world: comparative risk assessment of nine behavioral and environmental risk factors». The Lancet,
vol. 366, Issue 9499, pp 1784–1793.

Maladies respiratoires

Dépistage du cancer du col de l’utérus (chez les femmes de 25 à 64 ans)

Le pourcentage de femmes dépistées pour le cancer du col de l’utérus dans une période de trois années calendriers (année, année -1, année -2) est calculé en sommant les pourcentages pour les trois années *: Dépistage ANNÉE + Dépistage ANNÉE -1 + Dépistage ANNÉE -2.
*Si une femme a été remboursée plusieurs fois pour un frottis de dépistage sur la période de trois ans, elle n’est comptée qu’une seule fois pour la période de trois ans. (Une période = trois années calendrier du 1 janvier au 31 décembre.)

Tableau VIII : Pourcentage de femmes entre 25 et 64 ans s’étant vu attester un frottis de dépistage dans une période de trois années calendriers, comparaison territoriale, 2013

La couverture du dépistage du cancer de l’utérus est globalement inférieure à Charleroi par rapport aux niveaux national, régional ou provincial. Depuis 2008, on observe une diminution de cette couverture sur tous les territoires : à Charleroi, on est passé de 56,3 % en 2008 à 51,3 % en 2012, soit une chute de 10 % du taux de couverture.

Déterminants impliqués dans l’incidence et le dépistage des cancers du col de l’utérus10

Le cancer du col de l’utérus occupe la cinquième place parmi les cancers chez la femme en Belgique. L’Union européenne recommande le frottis du col de l’utérus une fois tous les 3 ans, chez les femmes entre 25 et 64 ans. Une vaccination est disponible depuis début 2007. Les objectifs de ces 2 dispositifs sont une réduction de mortalité de 80 %.

Facteurs socio-économiques

Dans le cadre du dépistage des cancers du col de l’utérus, le niveau socio-économique (représenté par le niveau d’instruction) joue un rôle important.
La motivation des femmes qui ont eu un frottis du col est liée à l’habitude de rencontrer régulièrement un gynécologue ou à la détection d’une anomalie par la femme ou un médecin.
Les raisons invoquées par celles qui n’ont pas eu de frottis du col récemment sont liées à une mauvaise connaissance de l’intérêt d’un tel examen et à qui il s’adresse.
Dans la population cible, les groupes où le taux de participation est le plus bas (femmes à niveau d’instruction faible, qui vivent en zone rurale, les femmes étrangères et celles qui sont âgées de 55 à 64 ans), sont aussi ceux qui consultent moins fréquemment un gynécologue.

Sur base des constats portant sur le dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus, des initiatives de promotion du dépistage de ces deux cancers sont organisées au niveau:

Fédération Wallonie Bruxelles tels que:
– Campagne de dépistage du cancer du sein pour les femmes âgées de 50 à 69 ans (mammotest)
– Remboursement du vaccin contre le HPV pour les jeunes filles de 12 à 18 ans (avec une campagne de vaccination systématique par les services PMS pour les jeunes filles de 12 à 14 ans

Ville de Charleroi tels que:
– Création d’un jeu de société «Gynoquid» pour démystifier les cancers féminins et leurs examens de dépistage,
– Formation d’une trentaine d’animatrices du jeu provenant d’institution de 1ère ligne (maisons mé-dicales, maisons de quartier, services d’éducation permanente, services d’aide et soins à domicile, institutions à public spécifique (CRIC, FUNOC, etc.))
– Echange avec le Nord – Pas de Calais sur une formation de «Relais-population» cancers féminins qui a été donnée conjointement à celle sur le jeu «Gynoquid», les deux démarches étant complémentaires.

10 Tiré de plan de promotion du dépistage des cancers féminins à Charleroi – ASBL carolo Prévention Sant– Michèle Lejeune et Dr Bastin (ISPPC)
– avril 2008.

Maladies respiratoires

Données sur les maladies respiratoires : synthèse – quels enseignements ?
La maladie respiratoire la plus meurtrière est la bronchite chronique, elle touche néanmoins plus fortement les hommes. A l’inverse, la pneumonie, deuxième cause de décès dans les maladies respiratoires a plus
d’impact sur le sexe féminin.
Les maladies respiratoires (hors cancers) peuvent se décliner d’une part, en infections aiguës comme la pneumonie ou, d’autre part, en affections chroniques telles que l’asthme et la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO).
Le tabac et, dans une moindre mesure, la pollution atmosphérique, jouent un rôle considérable dans les maladies respiratoires.

A Charleroi, comme en Wallonie, plus de la moitié de la mortalité masculine due aux maladies respiratoires entre 2004 et 2015 est en lien avec des bronchites, de l’emphysème ou d’autres pathologies respiratoires obstructives. Près d’un décès respiratoire sur cinq est la conséquence d’une pneumonie chez les hommes.

Figure IX : Proportion de décès par maladies respiratoires selon le type de pathologie, hommes, Charleroi, 2004-2015, nombre annuel moyen de décès = 144


Figure X : Proportion de décès par cancer en fonction du site de la tumeur primitive, femmes, Charleroi, 2004-2015, nombre annuel moyen de décès = 121

Chez les femmes de Charleroi, les décès dus à des bronchites, emphysème ou autres pathologies obstructives représentent annuellement 46 cas contre 77 chez les hommes dans la mortalité respiratoire entre 2005 et 2014. En revanche, la pneumonie concerne 38 cas en moyenne annuelle des décès respiratoires féminins (contre environ 31 chez les hommes à Charleroi).
A noter que près de 3% des décès féminins liés à une pathologie respiratoire mettent en cause l’asthme.

Accidents11

Données sur les accidents : synthèse - quels enseignements ?
On assiste sur tous les territoires à une diminution des accidents. Aussi bien le nombre de tués sur les routes que le nombre d’accidents de travail ont diminué au cours des dernières années

Accidents de circulation

Figure XI : Nombre de personnes décédées sur les routes selon le lieu de l’accident, Hainaut, Charleroi, 2005-2015

Les chiffres repris dans cette figure reprennent les décès sur place ou dans les 30 jours de l’accident selon le lieu de l’accident et non le lieu du domicile. En 2015, 732 personnes en Belgique dont 326 en Wallonie et 119 en Hainaut ont trouvé la mort sur les routes. Parmi ces victimes, 10 ont été tuées sur les routes de Charleroi.

Globalement, sur tous les territoires, on assiste à une stabilisation du nombre de tués sur les routes depuis 2012.

Tableau IX : Nombre annuel moyen de décès suite à un accident de la circulation, selon le domicile du défunt et indépendamment du lieu de l’accident, comparaison territoriale, 2005 -2014

11 Les accidents seront abordés plus amplement dans le chapitre dédié à la thématique « sécurité ». Tous les accidents ne sont pas mortels, c’est pourquoi le choix a été fait de les mentionner dans cette sous-section et non sous la thématique « mortalité ».

Sur base des certificats de décès, entre 2005 et 2014, 19 habitants de Charleroi ont trouvé la mort chaque année suite à un accident de circulation en Belgique. Parmi ces décès, 82 % touchent des hommes. Un tiers des décès de Carolorégien(ne)s sur la route concerne la classe des jeunes de 20 à 34 ans.

Accidents de travail

Le nombre d’accidents du travail dépend tant du type d’activité économique que des mesures de sécurité appliquées mais aussi du nombre de travailleurs.

Tableau X : Nombre d’accidents du travail (sur le lieu et le chemin du travail), Belgique -Wallonie – Hainaut – Charleroi, 2013.

Les informations fournies par le Fonds des Accidents de Travail (FAT), indiquent, en 2013, un total de 2.347 accidents ayant donné lieu à une déclaration à Charleroi, cela correspond à 16,7% des accidents du Hainaut
et près de 7% de ceux de Wallonie. 95% de ces accidents concernaient des personnes domiciliées à Charleroi.
A noter que plus de 11% des accidents recensés à Charleroi étaient consécutifs à un événement survenu sur le chemin du travail. D’autre part, de 2005 à 2013, comme partout en Wallonie, le nombre d’accidents de travail a diminué très significativement : de 4.216 cas enregistrés en 2005, on est passé à 2.347 en 2013, soit un recul de 46% en 9 ans. Ce recul peut s’expliquer de différentes manières, elles ne sont néanmoins pas objectivables.
Le Fonds des Accidents du Travail élabore chaque année un rapport mettant en lumière les motifs qui sous-tendent les cas refusés d’accidents du travail. Ainsi, en 1985, le refus global se situait autour des 2% ; en 2013, il est de 12,1%. Les motifs les plus souvent évoqués par les compagnies d’assurances pour refuser un accident de travail sont essentiellement le défaut de preuve de l’événement soudain et le défaut de preuve d’une lésion. Selon le syndicat FGTB, le manque d’information du travailleur sur les procédures à mettre en
place suite à un accident du travail minimise également le nombre réel d’accidents du travail déclarés.

Santé maternelle et infantile

Données sur la santé maternelle et infantile : synthèse - quels enseignements ?
A Charleroi, le nombre de bébés nés d’une mère âgée entre 15 et 17 ans, en 2010, représente le double de la Wallonie et du Hainaut et est presque 4 fois plus important qu’au niveau national.
9 % des naissances carolos présentent un petit poids à la naissance. C’est un taux supérieur à ceux de la Wallonie et de la Belgique, mais proche de celui du Hainaut.
Près de 9 % des enfants sont nés prématurés (avant 37 semaines d’aménorrhée) à Charleroi entre 2006 et 2010. C’est plus élevé qu’en Belgique mais similaire aux situations observées aux niveaux wallon ou provincial.
Au niveau de l’arrondissement de Charleroi, le tabagisme de la mère est plus élevé que dans le Hainaut. Le tabagisme a une influence à la fois sur la naissance prématurée et in fine, sur le poids du bébé.

Une étude de l’OMS12 (Les déterminants sociaux de la santé : les faits. Deuxième édition, OMS, 2004) met en lumière l’importance d’investir dans la santé maternelle et infantile. C’est en effet à cette période que se posent les bases de la santé du futur adulte, avec des impacts sur sa santé physique, intellectuelle et affective. Mener des actions qui vont soutenir les parents durant la période prénatale et durant la petite enfance est un investissement pour le bien-être des personnes non seulement durant cette période mais
aussi tout au long de leur vie.

Age des mères à l’accouchement

Au regard des dernières données fournies par le Service public fédéral (SPF) Economie, l’âge moyen des mères à la première naissance continue d’augmenter au fil des ans : en 2013, il est passé à 27,4 ans en
Hainaut (contre 26,4 en 2009), 27,9 ans en Wallonie (contre 27,0 en 2009) et 28,6 en Belgique (contre 27,7 en 2009). Depuis 2000, cet âge moyen a augmenté de près de deux années en Hainaut.

Tableau XI: Nombre de naissances, selon l’âge de la mère, Belgique-Wallonie-Hainaut-Charleroi, 2013

En 2013, on relevait 2.490 naissances à Charleroi : 6,5 % de ces naissances concernent des mères âgées de moins de 20 ans, ce qui est nettement supérieur au Hainaut (4,3 %) et à la Wallonie (3,4 %).
A Charleroi, 20 bébés sur 1000 sont nés d’une mère âgée entre 15 et 17 ans en 2013, c’est le double de la Wallonie et du Hainaut et c’est presque 4 fois plus qu’au niveau national. Les données concernant la proportion d’interruptions volontaires de grossesse chez les moins de 20 ans ne sont pas disponibles au niveau communal pour des raisons de vie privée.

12 OMS, (2004), « Les déterminants sociaux de la santé : les faits. » Deuxième édition.

Selon la Commission nationale d’évaluation de la loi sur l’avortement, 17,1 % d’IVG avaient été recensées en 2011 dans cette tranche d’âge parmi les Hainuyères.
Quant à la natalité chez les mères de 40 ans et plus, elle constitue 2,2 % du total des naissances à Charleroi en 2013 ce qui est légèrement inférieur aux autres territoires.


Poids à la naissance


Un poids à la naissance inférieur à 2500 grammes se révèle un indicateur important de la santé du nourrisson : il peut être une cause de mortalité ou de morbidité infantile. Parmi les facteurs de risque d’un faible poids à la naissance, on relève notamment le jeune âge de la mère, la consommation de tabac, l’abus d’alcool, une mauvaise alimentation, un indice de masse corporelle trop bas, un faible statut socio-économique parental
et la fécondation in vitro.


Tableau XII : Proportion de petits poids à la naissance (moins de 2500 grammes) parmi l’ensemble des naissances, comparaison territoriale, 2013

A Charleroi, en 2013, près de 10 bébés sur 100 sont nés en présentant un petit poids à la naissance. C’est un taux supérieur à ceux de la Wallonie et de la Belgique, mais proche de celui du Hainaut.

Prématurité

La prématurité se définit comme une naissance survenant avant 37 semaines d’aménorrhée. La grande prématurité correspond à une naissance survenant avant 32 semaines d’aménorrhée. Souvent associée au faible poids de naissance, la prématurité représente également un risque pour la santé de l’enfant.

Tableau XIII : Proportion de naissances prématurées parmi l’ensemble des naissances, comparaison territoriale, 2013

Près de 10 % des enfants sont nés prématurés (avant 37 semaines d’aménorrhée) à Charleroi en 2013. C’est plus élevé qu’en Belgique ainsi que dans les situations observées aux niveaux wallon ou provincial.
La prématurité se définit comme une naissance survenant avant 37 semaines d’aménorrhée. La grande prématurité correspond à une naissance survenant avant 32 semaines d’aménorrhée. Souvent associée au faible poids de naissance, la prématurité représente également un risque pour la santé de l’enfant.

Tabagisme et obésité de la mère

Les études montrent que le tabac se révèle un facteur de risque de mortalité infantile en général et de mort subite du nourrisson en particulier13. Il constitue également un facteur de risque débouchant sur une probabilité d’accouchement prématuré et de nourrissons de petits poids.

Les données de l’Office de la Naissance et de l’Enfance ne permettent pas de conclure sur des données à l’échelle de la commune de Charleroi mais montrent qu’en 2012, dans l’arrondissement de Charleroi, la prématurité concernait 17 % des mères ayant déclaré être fumeuses d’une à cinq cigarettes par jour (contre 15 % en Hainaut). D’autre part, toujours chez ces mères fumeuses, l’ONE a relevé 13 % de petits poids à la naissance dans l’arrondissement de Charleroi contre environ 11 % en Hainaut.

Les résultats d’une étude du consortium DORIAN14, démontrent que l’obésité de la mère influerait également sur la santé de l’enfant.

Santé mentale

Données de santé mentale : synthèse - quels enseignements ?
L’enquête 2013 nous indique que la consommation de médicaments psychotropes en Hainaut est relativement similaire à la situation wallonne, mais supérieure à la Belgique pour les femmes.
La consommation d’antidépresseurs est quant à elle près de deux fois plus importante chez les Hainuyères par rapport à l’ensemble des femmes belges.
Globalement, la répartition des classes d’âges dans les suicides à Charleroi est similaire à la situation observée au niveau national. Entre 2010 et 2014, les ¾ des suicides dénombrés à Charleroi sont masculins.

Les problématiques de santé mentale ont un impact important sur le bien-être des personnes: «Des difficultés d’ordre social et psychologique peuvent provoquer un stress continu. L’anxiété, un sentiment de vulnérabilité, une mauvaise opinion de soi-même, la solitude ou une maîtrise insuffisante de sa vie professionnelle ou familiale peuvent, à la longue, retentir considérablement sur la santé. Ces facteurs psychosociaux ont des
effets cumulatifs avec le temps et augmentent le risque de dégradation de la santé mentale et de décès prématuré. De longues périodes marquées par l’anxiété, un sentiment de vulnérabilité et l’absence d’amis
sur qui on peut compter ont des effets néfastes et affectent les systèmes cardiovasculaire et immunitaire.
Dans les sociétés industrialisées, plus on descend dans l’échelle sociale, plus les problèmes de ce type sont fréquents.» 15
On ne peut dissocier la santé mentale de la santé globale et, donc, de la qualité de vie de chaque individu. Subir des troubles de santé mentale peut aboutir non seulement à de réelles souffrances mais également impliquer des problématiques sur la santé physique et sociale de chacun. Cela peut provoquer des comportements extrêmes tels violence, consommation de drogues ou même suicide.

13 Tableau de bord de l’observatoire de la santé du Hainaut, (2013), Chapitre «Etat de santé», Bibliographe. p.89
14 Iozzo, P. & al. (2014), Developmental ORIgins of Healthy and Unhealthy AgeiNg: the role of maternal obesity--introduction to DORIAN. Vol. 7.
Issue 2, pp. 131-150
15 OMS, (2004), « Les déterminants sociaux de la santé : les faits. » Deuxième édition. P.13

Suicides

Le suicide est la 5ème cause de mortalité des hommes en Wallonie et la 1ère cause de décès des hommes entre 25 et 44 ans. Placé à la 8ième place des causes de mortalité féminines en Wallonie, il apparaît comme la deuxième cause de décès chez les femmes de 15 à 44 ans. (Source : ISP-SPMA)
Néanmoins, les données de mortalité par suicide sous estiment leur nombre réel car, lors de la certification par un médecin, ces décès peuvent ne pas être reconnus comme tels en raison notamment de l’incertitude quant à l’intentionnalité de l’acte.
Des informations liées aux tentatives de suicide ou l’idéation suicidaire ne permettent pas de descendre au niveau communal car elles sont extraites de l’Enquête Nationale de Santé dont l’échantillon analysé se situe aux environs de 1000 individus interrogés en province de Hainaut. Ainsi, comme on peut l’observer en 2013, près de 16 % des Hainuyers ayant répondu à l’enquête ont déclaré avoir déjà pensé au suicide au cours de leur vie et 7 % avoir déjà tenté de mettre fin à leurs jours. Cette situation en Hainaut ne diffère pas
significativement de celle observée en Belgique ou en Wallonie.

Tableau XIV : Nombre moyen de suicides par an selon le sexe, Belgique-Wallonie-HainautCharleroi, 2010-2014

Entre 2010 et 2014, on dénombrait chaque année 43 décès par suicide à Charleroi dont les ¾ sont masculins.

Le traitement de la problématique à Charleroi

Un certain nombre de services sont proposés à Charleroi autour de la problématique du suicide. Outre les hôpitaux généraux et les hôpitaux psychiatriques ainsi que les équipes mobiles, la ville dispose de services
de santé mentale. D’autre part, des associations font également de la prévention : notamment l’asbl « Un pass dans l’impasse » – Centre de prévention du suicide et d’accompagnement du réseau Solidaris. Elle offre
une variété de démarches psychologiques visant à aider tant les personnes touchées par la problématique du suicide que leurs proches.

Consommation de médicaments psychotropes et/ou antidépresseurs

Les psychotropes concernent une classe de médicaments agissant principalement sur le système nerveux central : les plus prescrits sont les somnifères, les tranquillisants, les antidépresseurs et les régulateurs de
l’humeur. Initialement utilisés en cas de dépression, les antidépresseurs sont également indiqués pour le traitement de troubles anxieux (paniques, phobies, troubles obsessionnels compulsifs, etc.).

Des données sur une utilisation récente et/ou habituelle de ces médicaments ne sont à nouveau disponibles que par le biais d’une enquête auprès des individus. Actuellement, seule l’Enquête Nationale de Santé par Interview est susceptible de donner cette information, mais à l’échelle de la province. Cela permet cependant d’aborder la problématique via des tendances qui peuvent ensuite être évaluées au niveau du ressenti des acteurs du territoire, en l’occurrence ici la commune de Charleroi.

Ainsi, l’enquête 2013 nous indique en Hainaut que 14,8 % des hommes et 28,3% des femmes interrogés ont déclaré avoir consommé des médicaments psychotropes dans les deux dernières semaines précédant leur interview, ce qui est relativement similaire à la situation wallonne mais supérieur à la Belgique (19,9 %) chez les femmes. Au niveau des antidépresseurs, 16,8 % des femmes et 8,4 % des hommes interrogés en Hainaut ont déclaré avoir consommé des antidépresseurs dans les deux dernières semaines : c’est près de deux fois plus chez les Hainuyères par rapport à l’ensemble des femmes belges.

Selon les chiffres de l’INAMI, le nombre d’antidépresseurs ou d’antipsychotiques prescrits a doublé de 1997 à 2008 au niveau belge. Le Conseil Supérieur de la Santé explique entre autre que cette augmentation de
prescription chez les médecins résiderait dans les difficultés qu’éprouvent les professionnels face aux appels à l’aide de leur patientèle : confrontation journalière à des tensions typiques de la société actuelle (pression de
résultats en milieu scolaire ou au travail, accroissement du chômage et de la pauvreté, etc.) s’accompagnant d’un effritement des structures sociales.

Comportement et facteurs de santé

Si les conséquences des maladies peuvent être limitées par un dépistage adéquat, l’apparition de nombreuses pathologies chroniques trouve leur origine dans une série de comportements de santé eux-mêmes influencés
par le contexte dans lequel vivent les individus. Une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, la non consommation de produits psycho actifs (tabac, alcool, drogues, etc.) contribuent au maintien de la
santé.
Comme dans le sous-chapitre précédent, certains indicateurs sont issus de l’Enquête Nationale de Santé par Interview. Des données communales ne sont donc pas toujours disponibles mais l’analyse hainuyère permet de dégager certaines tendances qui peuvent être débattues et mises en contexte par les acteurs de terrain à Charleroi.

Excès de poids et obésité

L’indice de masse corporelle (IMC) est calculé selon la formule suivante :
IMC (en kg/m²) = poids/(taille)²

Facteurs de risque majeurs pour certaines maladies chroniques comme le diabète, les maladies cardiovasculaires et le cancer, l’excès de poids et l’obésité, autrefois considérés comme un problème propre aux pays à revenu élevé, augmentent aujourd’hui de manière spectaculaire dans les territoires à faible ou moyen revenu, surtout en milieu urbain.

Figure XII : Répartition de la population (15 ans et plus) (%) selon l’indice de masse corporelle, en fonction du niveau de diplôme, Wallonie 2013

Comme on peut l’observer sur le graphique ci-dessus, l’obésité est plus fréquente chez les personnes possédant au maximum un diplôme de l’enseignement inférieur par rapport aux individus ayant un niveau
d’étude plus important.
Comme précédemment annoncé, les données de corpulence ne sont pas disponibles à un niveau communal et seule l’Enquête Nationale de Santé par Interview permet à ce jour de disposer d’information régulière à la
seule échelle provinciale en raison du nombre restreint de personnes interrogées.

Tableau XV : Répartition de la population (15 ans et plus) (%) selon l’indice de masse corporelle, en fonction du niveau de diplôme, Wallonie 2013

L’Enquête Nationale de Santé par Interview réalisée en 2013 rapporte que 17% des femmes et près de 18% des hommes présentent une obésité en Hainaut (contre 14% pour les deux sexes en Belgique). Globalement,
l’excès de poids concerne plus souvent les hommes que les femmes.
Au vu du lien entre obésité et faible statut socio-économique, on peut émettre l’hypothèse que la fréquence de l’obésité à Charleroi pourrait être plus élevée que la moyenne hainuyère. Seule une enquête sur le terrain permettrait de corroborer cette tendance au niveau communal.

Alimentation

Comme le soulignait un rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé en 2004, «un régime alimentaire équilibré et un approvisionnement suffisant en denrées alimentaires sont essentiels pour la santé et le bien-être. Les pénuries alimentaires et une alimentation peu variée engendrent malnutrition et maladies carentielles. L’excès de nourriture contribue à l’apparition de maladies cardiovasculaires, de diabètes, de cancers, de maladies dégénératives de l’œil, de l’obésité et de caries dentaires».
Selon le Plan National Nutrition Santé, il est ainsi préconisé une consommation quotidienne de 400 grammes de fruits et légumes, soit 3 portions de légumes et 2 portions de fruits.

Comme on peut l’observer sur cette figure, seule 12% de la population belge déclare suivre les recommandations du PNNS à propos de la consommation quotidienne de fruits et légumes. En Hainaut, la situation est encore plus défavorable puisqu’un peu moins de 8% des habitants consomment 3 portions de légumes et 2 portions de fruits par jour en 2013.
Au niveau de la consommation de snacks sucré ou salé (recommandation maximum une à deux fois par semaine pour l’un et l’autre), l’Enquête de santé révèle que près de 48 % des Hainuyers contre 42% des Belges sont des consommateurs quotidiens.

Assuétudes

Le terme assuétudes peut être défini comme un synonyme de dépendance. Autrement dit, une personne est confrontée à un produit de diverse nature (produit psychotrope, jeux vidéos, jeux d’argent, etc.) dont elle ne peut se passer physiquement et/ou mentalement.

Consommation de tabac

La fumée de tabac dégage de nombreux toxiques qui sont responsables de problèmes de santé comme les maladies cardiovasculaires et les cancers des voies respiratoires.
Selon l’Enquête Nationale de Santé 2013, en Hainaut, 24% des habitants sont des fumeurs quotidiens contre 19% en Belgique. Si les hommes sont toujours plus nombreux que les femmes à déclarer fumer chaque jour, l’écart tend à se réduire au cours du temps. Ainsi, en 1997, 35% de la population masculine wallonne disait fumer quotidiennement contre 27% en 2013. En revanche, chez les femmes, la consommation quotidienne ne diminue pas et reste stable à 20%.

Comme pour les autres comportements, ces données ne sont pas disponibles à l’échelon communal.

Consommation d’alcool

Un aide mémoire de l’OMS (2011) fait état de 2,5 millions de décès annuels liés à la consommation d’alcooldans le monde. Outre les maladies chroniques susceptibles de se développer chez les personnes buvant de grandes quantités pendant des années, la consommation d’alcool est également associée à un accroissement de risques, notamment de blessures lors d’accidents de la route, de violence, d’absentéisme au travail ou
encore de maltraitance.
La consommation de boissons alcoolisées fait partie des habitudes de la population. En 2013, 85% des hommes et 72% des femmes du Hainaut déclaraient avoir consommé de l’alcool durant l’année écoulée.
En Hainaut, plus de 14% des hommes consomment plus de 21 verres de boissons alcoolisées par semaine (surconsommation) contre 8% en Belgique. La surconsommation féminine se situe aux environs de 5 % (plus de 14 verres par semaine) et n’est pas significativement différente selon qu’on soit en Belgique ou en Hainaut.
A nouveau, ces données ne sont disponibles qu’à l’échelon provincial et seule une enquête spécifique sur Charleroi pourrait permettre de croiser cette situation hainuyère aux réalités de la commune.

Consommation de drogues sociaux

Le phénomène « drogues » touche un large public issu de divers milieux sociaux et dans des contextes variés. En effet, selon différentes enquêtes et monitoring mené dans la région, les produits psychotropes licites (alcool) et illicites sont présents dans le parcours de vie de certains citoyens que ce soit directement (consommation personnelle) ou indirectement (consommation
par un proche). À Charleroi, un ensemble de services a été développé afin de prévenir, traiter et prendre en charge les personnes confrontées à un phénomène de toxicomanie.

Chez les jeunes

En 2013, une enquête a été menée dans 14 écoles secondaires de tous réseaux (pour les filières du Général, Technique et Professionnel) du Grand Charleroi par la Cellule Recherche et Concertation16. L’objectif de cette
enquête a été de mettre à jour les perceptions et représentations des adolescents en matière de produits psychotropes licites et illicites (alcool, cannabis, héroïne, cocaïne et ecstasy) ainsi que leur éventuelle
consommation. 2.247 élèves ont été interrogés. La moyenne d’âge de l’ensemble des élèves est de 16 ans.
Selon les jeunes, les produits tels que la cocaïne, l’héroïne et l’ecstasy sont associés à des idées et des perceptions très négatives telles que le danger, la mort ou « un truc de Tox ». Elles sont clairement identifiées avec l’idée de « drogue ». Le cannabis quant à lui est attaché à des idées telles que « la drogue » et « un truc de Tox » mais également à des idées plus positives telles que « l’amusement » ou « faire partie d’un groupe ».
L’alcool, quant à lui, est assimilé à des idées plus particulières telles que « l’amusement » et « la fête » mais également « la violence » ou « un problème important ». Ces différentes facettes sont omniprésentes dans la manière dont les jeunes perçoivent ces différents produits psychotropes.
En ce qui concerne la cocaïne, l’héroïne et l’ecstasy, la consommation est très faible et se limite souvent à de l’expérimentation. Ce comportement est souvent guidé par la curiosité. Le cannabis quant à lui est un peu plus répandu en termes de consommation. Un quart des jeunes ont au moins touché une fois au cannabis.
Presque la moitié en a essayé une fois par curiosité. Seul 11,9 % en consomment à l’occasion (souvent lors d’évènements festifs ou de soirées) et moins de 3% en consomment de manière plus régulière (presque tous
les jours).
Le bilan concernant la consommation d’alcool est plus particulier. En effet, 30,1 % des jeunes n’ont jamais bu d’alcool. Cependant, 49,8 % des jeunes en consomment « à l’occasion » et 10,1 % en consomment une fois par semaine. L’alcool est, comme nous le constatons, un produit psychotrope très répandu, souvent facile d’accès et à la portée des jeunes.

16 Anne-Marie VANSNICK, La consommation de « drogues » chez les jeunes scolarisés de Charleroi, Cellule Recherche et Concertation, Direction
de la Prévention et de la Sécurité, Ville de Charleroi, Mars 2014.

Tableau XVI: Fréquence de consommation de produits psychotropes par les jeunes :

Offre de services sur le territoire Carolo

Suite aux constats liés à la consommation de produits psychotropes et aux conséquences de ces comportements, un large panel d’intervenants ont développé une offre de service diversifiée permettant de répondre aux besoins et urgences liés à ce phénomène. Différents services existent et opérationnalisent cette démarche de santé publique17.
L’ensemble des services permet une prise en charge sous un maximum d’aspects et apporte un panel de solutions/stratégies adaptées et innovantes à la réalité de chaque bénéficiaire : service résidentiel, et ambulatoire, maison d’aide socio-sanitaire, service de santé mentale, communauté thérapeutique, service mobile, projet de Réduction des Risques ou encore centre de cure.
Une grande part des services dédiés aux assuétudes font partie du réseau « Concertation Assuétudes du Pays de Charleroi ». Le Réseau ALTO (Alternatives aux Toxicomanie) est un projet de soutien de formation et d’aide pour les médecins généralistes de la région qui accompagnent des patients usagers de drogues. L’usage de drogues rencontrant d’autres problématiques et réalités sociales, d’autres services périphériques travaillent en lien avec les assuétudes18.

La Réduction des Risques

La réduction des risques (RDR) se définit comme un programme de santé publique qui vise à prévenir les conséquences négatives liées à la consommation de drogues. Cela concerne tant les usages durs que doux de produits psychotropes en général et tous les risques (dépendances, lésions somatiques ou problèmes psychosociaux, etc.) que cela comporte. La «RDR» s’attache à reconnaitre l’usager de drogue en tant qu’individu à part entière, à ne pas juger la consommation et à affirmer le droit de l’usager à la participation sociale et citoyenne malgré le statut illégal d’une part de ses comportements. Les projets de RDR sont variés et mettent en avant des principes communs répondant au maximum de problématiques que peuvent
rencontrer les usagers de drogues.
En 2014, Le service Carolo Rue a réalisé 1.125 échanges de seringues. 5.369 seringues ont été distribuées et 6.240 seringues ont été rapportées, soit un taux de ramassage de 116 %. Dans le cadre du dispositif d’échange de seringues de Charleroi, un partenariat a été établi entre le service Carolo Rue et l’asbl Le comptoir. Afin de mener au mieux leur stratégie de récupération, distribution et échange de seringues, les deux institutions ont établi différents projets impliquant les usagers (opérations de ramassage par les usagers, opération « boules de neige » à Charleroi et à la prison de Jamioulx, etc.)
Le service Carolo Rue a, au fil des ans, mis en place un ensemble de dispositifs destinés à répondre à ces objectifs (ramassage de seringues, relais et accompagnements des personnes, Repas de Noël, Accueil de Soirée,…). Le service Carolo Rue est le seul comptoir mobile d’échange de seringues sur le territoire Carolo.
Le but de ces projets est de réduire les effets néfastes de la consommation de produits principalement en intraveineuse en proposant la récupération, l’échange ou la distribution de seringues stériles ainsi que le matériel d’injection (Steret, Stericup, acide ascorbique et flapulles d’eau). Ils proposent également des conseils de prévention ainsi que des prospectus reprenant ces derniers.

17 Parmi les services spécialisés: Carolo Rue, « Carolo Contact Drogues », l’équipe « Assuétudes » du Service de Santé Mentale de Charleroi, L’Intercommunale de Santé Public du Pays de Charleroi, asbl « le Comptoir », asbl « Diapason-Transition », Unisson, asbl « Trempoline », asbl
« L’Espérance ».


18 Citons :asbl « Entre 2 Wallonie », asbl « Espace P », le Centre Local de Promotion de la Santé Charleroi/Thuin et asbl « IST/SIDA»

La réduction des risques peut se développer dans d’autres contextes que celui de la consommation de rue.
Dans ce cadre, le service Carolo Contact Drogues a développé en partenariat avec d’autres associations un projet de RDR en milieu festif : Safe Party. L’objectif de ce dernier est de toucher le plus large public de personnes confrontées à l’adoption de conduites à risques pouvant être liés à l’usage de drogues. Lors d’évènements festifs (concert, parade, soirée, festival, etc.), un stand est ouvert au public et met à disposition des brochures, des préservatifs (masculins et féminins), des kits de sniff, des bouchons d’oreilles et de
l’échange de seringues. Les produits consommés lors d’évènements sont très variés et sont rencontrés dans différentes échelles : l’alcool reste le produit le plus rencontré, talonné de près par la cigarette et le cannabis.
Dans une moindre mesure, des produits plus particuliers sont consommés : champignons, cocaïne, speed, XTC, benzodiazépine, LSD, solvant, GHB Kétamine, etc. A noter que depuis quelques années de nouvelles
drogues de synthèse se développent et se déploient autant dans la sphère festive et publique19.
La population fréquentant le stand de Safe Party est relativement jeune20 : 34% ont 18 ans ou moins, 36% sont âgés de 19 à 25 ans, 12% de 26 à 30 ans, 7% de 31 à 35 ans et 11% ont plus de 36 ans. La moyenne d’âge est de 24 ans. Parmi les produits consommés d’habitude en sortie, l’alcool est consommé par 90% des fêtards, le tabac par 57% et le cannabis par 38%. Le rapport a mis en avant que 66% des personnes ayant fréquenté le stand consomment plusieurs produits en même temps d’habitude en sortie.

Facteurs sociaux

« La misère, la pauvreté relative et l’exclusion sociale ont un impact majeur sur la santé et la mort précoce. En outre, certains groupes sociaux courent beaucoup plus de risques de vivre dans la pauvreté.»21
Les facteurs socio-économiques ont un impact direct sur la vie des individus et sur leur santé. Ce fait se vérifie à travers leur environnement vital (qualité du logement, environnement social, sécurité…), leurs habitudes de vie ou encore leurs recours aux soins (curatifs ou préventifs).
Selon l’Enquête Nationale de Santé par Interview de 2013, 8 % des ménages belges déclarent qu’ils ont dû postposer des soins médicaux pour des raisons financières.
Selon l’étude approfondie des résultats de l’enquête de santé 2008, le profil de ces ménages concernait un nombre relativement plus élevé de familles monoparentales, de personnes isolées, de ménages avec un niveau d’instruction faible, de ménages dont la personne de référence est née en dehors de l’UE, de ménages résidant en région bruxelloise ou, plus généralement en zones urbaines. Il s’agit aussi de ménages avec des revenus (relativement) faibles et avec des frais de soins de santé (relativement) élevés. Ces frais peuvent s’expliquer par le fait que (les membres) de ces ménages sont confrontés à un plus grand nombre de problèmes de santé (affections chroniques, limitations).
Nous développerons une analyse approfondie des facteurs sociaux et économiques dans le cahier thématique suivant. Néanmoins, Il nous semblait nécessaire de mentionner quelques chiffres clés ayant un impact sur la
santé des carolos.

19 A ce sujet, consultez NDS Nouvelles Drogues de Synthèse de EUROTOX, téléchargeable sur : http://www.eurotox.org
20 Safe Party, Drogues Risquer Moins, projet de réduction des risques liés à l’usage de drogues en milieu festif rapport de la période 2013-2014.
Carolo Contact Drogues, CPAS de Charleroi.
21 OMS, (2004), « Les déterminants sociaux de la santé : les faits. » Deuxième édition.

 

Monoparentalité

Une famille monoparentale se définit comme un ménage composé d’un adulte de référence (chef de ménage) et de ses enfants

En 2013, 14,2 % (17,4 % en 2010) de la population de Charleroi (contre 13 % en Wallonie et 10,2 % en Belgique) vit au sein d’une famille monoparentale. On observe une diminution de 22 % de personnes vivant au sein d’une famille monoparentale à Charleroi par rapport à la situation 2010. Les chefs de ces ménages restent essentiellement les femmes.
Selon l’enquête sur les revenus et les conditions de vie (EU-SILC) réalisée en 2013, les familles monoparentales belges présentent un risque de pauvreté de plus de 34 % contre 10,6 % chez les couples avec un enfant.22

Niveau d’instruction

Des données communales indiquant les différents niveaux d’instruction de la population ne sont malheureusement plus disponibles depuis le dernier recensement de la population en 2001.
Le nouveau CENSUS23 2011 basé sur l’extraction des données administratives permet d’évaluer la part de la population disposant d’un diplôme de l’enseignement supérieur. Pour information, en 2010, selon les
données du SPF Economie, 39,5 % de la population hainuyère disposaient au plus d’un diplôme du secondaire inférieur et 25 % d’un diplôme de l’enseignement supérieur : ces chiffres sont inférieurs à la situation belge
(respectivement 32,6 % et 30,7 %) et wallonne (35,9 et 28,4 %). Selon les données du Census 2011, seuls 16,1 % des habitants de Charleroi disposent d’un diplôme de l’enseignement supérieur, c’est 43 % de moins qu’en Belgique et 28 % inférieur à la situation hainuyère.

Pauvreté, chômage, endettement

En 2015, le taux d’emploi de Charleroi était de 45,9 %. Le Hainaut affiche 54,1 % et la Wallonie 57,12 %.
Cet écart dans les taux d’emploi explique en partie la différence dans la composition du Revenu Total Net Imposable. En effet, dans l’arrondissement de Charleroi, les travailleurs salariés et les indépendants

22 Source : IWEPS-Cytise-UCL
23 Pour plus d’information sur le census : http://census2011.fgov.be/info/info_fr.htm

contribuent à hauteur de 58,25 % à la constitution du Revenu Imposable. En Wallonie, ce taux est de 64,4 %.
Les 18.771 demandeurs d’emploi indemnisés (D.E.I.) à Charleroi en 2017 représentent une diminution de 10 % depuis 2014 (21.119 DEI). Cette diminution est cependant principalement liée aux exclusions des
chomeurs. Parmis ces demandeurs d’emplois 89,2 % n’ont pas dépassé le stade des études supérieur et 42 % de ces mêmes DEI le sont depuis plus de 2 ans.
Ces différents constats révèlent une difficulté pour l’entité et ses habitants liée à la situation de l’emploi. Alors que le nombre de personnes en âge de travailler est similaire aux autres entités géographiques étudiées dans
le chapitre, les indicateurs de l’emploi sont plus faibles, reflétant une situation économique relativement plus précaire.
Le revenu moyen par habitant de Charleroi était de 13.170 euros en 2014 (exercice 2015). Ce chiffre est nettement inférieur à celui du pays (- 26 %), de la Wallonie (- 21 %), du Hainaut (- 15 %) et de l’arrondissement de Charleroi (- 10 %). Au sein des différents quartiers de l’ensemble des anciennes communes de Charleroi, on observe de fortes disparités : sur la commune de Marcinelle, le quartier «les Closières» atteint un revenu médian qui s’élève à 29.835 euros. Le secteur affichant le revenu le plus bas (lieu dit «Beaux Arts » à Charleroi) est de 16.342 euros.24
Plus les conditions de vie sont défavorables, plus le risque pour la santé est élevé. La pauvreté est un facteur parmi d’autres qui influence négativement la santé de l’individu.
« Le chômage nuit à la santé et ses méfaits sont d’autant plus grands que le taux de chômage d’une région est élevé. Des études menées dans plusieurs pays ont démontré que les demandeurs d’emploi et leur famille courent un risque sensiblement plus élevé de décès prématuré. Les effets du chômage sur la santé sont liés à ses conséquences tant psychologiques que financières, en particulier l’endettement. »25
Compte tenu des récentes et nouvelles réglementations en matière d’exclusion du chômage on observe comme prévu une augmentation du nombre de personnes bénéficiant d’un revenu d’intégration social (R.I.S.)26. En Belgique, en 2016, 191.530 personnes ont bénéficié à un moment ou un autre d’un revenu d’intégration soit 17 personnes pour 1000 belges une augmentation conséquente depuis 2014 où ce nombre s’élevait à 14 pour 1000 (158.414 RIS)2728. A Charleroi on comptabilisait en 2014, 8.101 R.I.S annuels soit +- 40 personnes pour 1000 habitants. Ce chiffre a fortement augmenté au cours de ces deux dernières années. En 2016, 9.273 R.I.S. on été distribués ce qui représente près de 46 personnes pour 1000 carolos.

 

En 2016, la Centrale des Crédits aux particuliers de la Banque Nationale de Belgique a enregistré 365.474 personnes majeures ayant au moins un contrat défaillant, c’est-à-dire qu’elles n’ont pas totalement remboursé la somme due trois mois après la date de son échéance. A Charleroi, cette situation concerne
31.581 particuliers.
L’endettement provient essentiellement des crédits à la consommation proposés entre autres aux clients pour alléger leurs achats. Il entraîne parfois un surendettement dont les causes se révèlent multiples et complexes (accidents de la vie, divorce, perte d’emploi, maladie… ou encore mauvaise évaluation des capacités de remboursement).

24 Source : SPF Finances
25 OMS, (2004), « Les déterminants sociaux de la santé : les faits. » Deuxième édition.
26 Le revenu d’intégration sociale est le revenu minimum accordé aux personnes qui ne peuvent pas disposer de ressources suffisantes, ni ne
peuvent y prétendre, ni ne sont en mesure de se les procurer, soit par leurs efforts personnels, soit par d’autres moyens.
27 Il faut également ajouter à ces chiffres le nombres d’aide financière équivalente (26.413 en 2014 et 23.737 en 2015)
28 Source : SPP intégration sociale

Offre et consommation de soins

Données soffre et consomation de soins : synthèse – quels enseignements ?
– que les hôpitaux de Charleroi rassemblent 2 SMURs (Services mobiles d’Urgence et de Réanimation) qui fonctionnent en alternance avec les différents sites.
– que 3 sites hospitaliers offrent des soins périnataux et développent des programmes de soins spécifiques à l’enfant.
– que des programmes de soins d’oncologie sont proposés sur 4 sites et que deux hôpitaux disposent d’un centre de dialyse.
– une offre de service conséquente mais un mauvais état de santé général
Charleroi constitue un véritable pôle hospitalier de premier plan dont les différentes structures permettent un accès aux soins et des plateaux/services spécialisés non seulement pour la population de Charleroi, mais également pour tout un bassin de vie au-delà même des frontières du Hainaut.

Structures hospitalières

Le paysage du secteur hospitalier de Charleroi a fortement été modifié ses dernières années tant par la nécessité et la volonté de rénover les structures existantes que de réduire les coûts. Les fusions, délocalisations,
collaborations ou associations d’hôpitaux visent à assurer l’optimisation de plateaux de hautes technologies et des soins de qualité à l’attention de la population.
En juin 2017, le nombre total de lits hospitaliers agréés à Charleroi était de 2043 répartis comme suit , ainsi que l’indique la carte ci-dessous.

Figure XIV: Répartition des hôpitaux généraux/universitaires, Charleroi 2017

 

Maisons de repos et maisons de repos et de soins

Selon les projections du Bureau du Plan, la proportion de personnes âgées dans la population totale deviendra de plus en plus importante au cours des prochaines décennies. Si, sur le plan sanitaire, on ne peut que se réjouir de cet accroissement de la longévité, sur le plan structurel et économique, les générations actives à venir devront supporter les dépenses liées à la proportion croissante de personnes âgées (soins de santé, pensions, structures adaptées…).
En 2014, la Wallonie recensait 600 maisons de repos se partageant un total de 49.039 lits dont 22.260 (soit 45,4 %) sont agréés en repos et soins, 1.072 lits sont de courts séjours et 65 réservés à des patients comateux.
A Charleroi, sur un total de 31 maisons de repos, on comptabilise 2.510 lits dont 1.227 (soit 48,9%) sont agréés en repos et soins et 41 sont de courts séjours.

Tableau XVII : Nombre et densité de lits de Maisons de repos (MR) et Maisons de Repos et Soins (MRS), comparaison territoriale, mai 2017 (population au 1/1/2016)

Le nombre de lits pour 1000 habitants âgés de 65 ans et plus apparaît très variable selon la commune de Charleroi où l’on se situe. Ainsi cette densité se révèle la plus importante pour les lits MR à Lodelinsart et Ransart ; la plus faible à Monceau-sur-Sambre ou Charleroi et Mont-sur-Marchienne. Quant aux lits MRS, il apparaît que leur densité par rapport à cette même population est la plus forte à Gosselies et Ransart tandis qu’on ne recense aucun lit agréé en repos et soins à Dampremy, Goutroux et Mont-sur-Marchienne.

Remarque : cette densité de lits est rapportée par rapport à la population des 65 ans et plus domiciliée dans la commune où est située la maison de repos. Cela ne signifie en rien que ces lits profiteront ou seront réservés à ces seuls habitants.

Figure XV : Localisation des Maisons de repos, Charleroi 2015

Médecins

Les données sur les prestataires de soins sont issues des bases gérées par l’INAMI. Le lieu où l’INAMI enregistre un prestataire est celui de l’adresse de contact fournie par ce dernier, elle peut donc être différente du lieu où la personne exerce. Ceci est particulièrement vrai lorsqu’il s’agit de médecins spécialistes qui travaillent parfois dans un ou plusieurs hôpitaux situés dans une province (voire région) différente de celle de leur résidence. D’autre part, les médecins sont répertoriés à l’INAMI si leur activité a donné lieu à au moins un remboursement au cours des deux dernières années ce qui peut contribuer à surestimer l’offre de soins.

Médecins généralistes

L’Enquête Nationale de Santé par Interview de 2013 montre que 96 % des habitants du Hainaut déclarent avoir un médecin généraliste attitré. Selon les données de l’INAMI en 2014, les habitants de l’arrondissement de Charleroi ont consulté ou demandé un avis à leur généraliste en moyenne 2,6 fois par an contre 2,5 pour l’ensemble des Hainuyers et 3 fois pour l’ensemble des Belges.

Tableau XVIII : Nombre de médecins généralistes et nombre d’habitants par médecin généraliste, comparaison territoriale, 31 décembre 2015

Fin 2015, l’INAMI recensait 240 médecins généralistes à Charleroi (soit 13 % de l’ensemble des MG en Hainaut). Cela représente un médecin généraliste pour 842 habitants, ce qui est nettement plus conséquent par rapport à la situation wallonne (un médecin généraliste pour 587 habitants). Si l’on compare à deux villes importantes, on observe un état des lieux globalement identique à La Louvière (un MG pour 812 habitants) mais nettement plus favorable à Mons (un MG pour 531 habitants). Il faut cependant rappeler que cette situation est basée sur les remboursements des deux dernières années et qu’il se peut que certains médecins généralistes n’aient qu’une activité très réduite. Ainsi, en 2013, en ne se basant que sur les prestataires ayant réalisé au moins 500 consultations/visites par an, on peut émettre l’hypothèse que seuls 61 % des généralistes de Charleroi (59 % en Wallonie et 65 % en Hainaut) avaient une réelle activité, ce qui entraîne un impact évident sur le nombre d’habitants par prestataire (1361 à Charleroi, 1084 en Hainaut et 991 en Wallonie).

Parmi les médecins généralistes de Charleroi recensés en 2015, 159 (soit 66 % des prestataires) étaient âgés de 50 ans et plus, ce qui est un peu plus élevé qu’en Hainaut (64 %) ou en Wallonie (61 %). D’autre part, les femmes représentent 61 % des «jeunes» généralistes de moins de 40 ans à Charleroi contre 68 % en Wallonie et 64 % en Hainaut.
Plus de 86 % des médecins généralistes de Charleroi (89 % en Belgique) sont conventionnés, c’est-à-dire qu’ils ont adhéré aux accords médico-mutualistes fixant les tarifs officiels des honoraires de base pour le remboursement par l’assurance soins de santé, ils ne sont donc pas libres d’appliquer le tarif de leur choix.

Tableau XIX : Localisation des médecins généralistes à Charleroi, 2014

Selon la Fédération des Associations de Médecins Généralistes de Charleroi (FAGC), l’effectif de la médecine générale dans la région de Charleroi diminue légèrement depuis 5 ans, et une moyenne de 10 installations par an est enregistrée. D’autre part, l’effectif de la garde est en décroissance, une grande partie des médecins généralistes approchant de l’âge de la retraite (l’âge moyen est par ailleurs de 51 ans), la FAGC estime que cette tendance continuera à se confirmer.

Médecins spécialistes

La source des données sur les médecins spécialistes étant l’INAMI, il est bon de rappeler qu’il n’est donc pas possible d’établir une distinction entre l’adresse privée du spécialiste et celle de son lieu de pratique, de même que la part du travail hospitalier et ambulatoire.

Tableau XX: Nombre de médecins spécialistes et nombre d’habitants par médecin spécialiste, Belgique-Wallonie-Hainaut-Charleroi, 31 décembre 2015

Le nombre de médecins spécialistes habitant Charleroi est assez faible au regard de la forte densité hospitalière. Il est fort probable que des prestataires vivent dans des entités proches ou même dans un autre arrondissement ou province.
Parmi les spécialistes recensés par l’INAMI à Charleroi, on trouve 22 anesthésistes, 12 cardiologues, 17 chirurgiens, 20 gynécologues, 5 ophtalmologues et 18 pédiatres. 85 % des spécialistes de Charleroi sont conventionnés. 67 % des spécialistes vivant à Charleroi sont âgés de 50 ans et plus. 50 % des spécialistes de moins de 50 ans sont de sexe féminin.

Autres prestataires de soins

Tableau XXI: Nombre de dentistes, kinésithérapeutes et infirmiers(ères) Belgique-WallonieHainaut-Charleroi, 31 décembre 2015


Selon l’Enquête Nationale de Santé 2013, environ 5 % de la population wallonne n’a jamais consulté de dentiste dans sa vie et 61 % de la population belge contre 56 % en Hainaut a déclaré avoir consulté un dentiste dans les douze derniers mois. En Belgique, selon les données INAMI, on comptait un dentiste pour 1.169 habitants début 2016. La situation à Charleroi est moins bonne : un prestataire pour 1.821 habitants ce qui est cependant mieux qu’à La Louvière (un pour 2.366 hab.).
Au niveau des kinésithérapeutes, selon l’enquête de santé 2013, plus de 13 % des Hainuyers ont consulté un kiné ou un physiothérapeute dans les douze derniers mois. Sur base des chiffres de l’INAMI, on recense un professionnel pour 493 habitants à Charleroi ce qui est plus critique qu’en Belgique (un pour 350 hab.) ou sur les autres territoires.
Quant aux infirmiers (ères), la situation n’apparaît pas meilleure puisqu’un prestataire doit théoriquement en moyenne prendre en charge 143 habitants à Charleroi contre 101 en Hainaut ou 82 à Mons.

Les séjours hospitaliers

Au cours de l’Enquête nationale de santé par interview 2013, 9,6 % des Hainuyers interrogés ont déclaré au moins une hospitalisation dans l’année écoulée. L’âge influence l’admission en milieu hospitalier : ainsi, près
de 35 % des Wallons ayant été hospitalisés au cours des douze mois écoulés se situaient dans la tranche des 65 ans et plus. Pour 100 habitants de Wallonie, 24 hospitalisations concernent la population des 75 ans et
plus, soit deux fois plus que pour l’ensemble des admissions.
Chaque hospitalisation donne lieu à un Résumé Hospitalier Minimum qui consiste globalement à un résumé standardisé concis du dossier médical du patient.
Il est important de souligner que le tableau ci-dessous doit être interprété avec prudence. En effet, d’une part, il ne tient pas compte de la structure d’âge de la population ; d’autre part, il ne représente pas fidèlement la fréquence des pathologies rencontrées dans la population ; enfin, il peut être influencé notamment par l’offre de soins et les pratiques médicales locales.

Tableau XXII : Taux brut d’admission, selon la cause d’hospitalisation pour 1.000 habitants, Belgique-Wallonie-Hainaut-Charleroi, 2012

Comme l’indique ce tableau, les causes d’admissions les plus fréquentes en milieu hospitalier durant l’année 2012 ont concerné les pathologies liées au système musculaire et tissu conjonctif, à l’appareil circulatoire et aux maladies digestives tant à Charleroi qu’en Hainaut ou ailleurs. Par rapport au Hainaut où l’ensemble des admissions par pathologie spécifique est globalement supérieur à la Wallonie ou la Belgique, on observe à
Charleroi un taux plus élevé encore d’admissions pour, notamment :
– les maladies du système circulatoire (+ 9 % par rapport au Hainaut, +13 % vs la Belgique) et de l’appareil respiratoire (+ 15 % par rapport au Hainaut, + 24 % vs la Belgique)
– les grossesses et accouchements (+ 20% par rapport au Hainaut et à la Belgique)
– les pathologies endocriniennes (diabète,…) (+ 30 % par rapport au Hainaut, + 45 % vs la Belgique)

Le taux global d’admissions à Charleroi (185 séjours pour 1.000 habitants) apparaît respectivement 6 %, 11 % et 15 % supérieur à ceux du Hainaut, de la Wallonie et de la Belgique.

La consommation de médicaments

Plus de la moitié des Wallons et Hainuyers interrogés lors de l’Enquête nationale de santé 2013 ont déclaré avoir consommé des médicaments prescrits dans les derniers quinze jours. D’autre part, 15 % de la population
wallonne rapporte une prise de médicaments non prescrits durant cette même période.
Ce tableau rapporte uniquement la consommation de médicaments donnant lieu à un remboursement de la part de l’INAMI. Les consommations sont exprimées en doses moyennes journalières (DMJ), sachant qu’une
DMJ correspond à la quantité de principe actif que devrait recevoir, par jour, un adulte pesant 70 kg lorsque le médicament est prescrit pour son indication principale.
Tandis qu’on observait plus haut un taux d’admission hospitalière pour pathologie circulatoire plus important à Charleroi, a contrario, on remarque une consommation moindre de médicaments pour ces mêmes maladies.
On peut émettre l’hypothèse que la population rencontre moins les professionnels de santé pour des raisons diverses (dont économiques) et qu’ils attendent plus longtemps avant de faire de la prévention ou de se soigner.
Les médicaments pour les pathologies de l’appareil digestif et le système nerveux central sont également plus consommés à Charleroi qu’en Hainaut, en Wallonie ou en Belgique. On sait que le stress lié à des situations économiques difficiles peut engendrer certaines pathologies digestives ou des dépressions, peut-être trouvet-on là quelques indices pour répondre à cette consommation plus importante chez les Carolos ?

Tableau XXIII : Consommation de médicaments ayant donné lieu à un remboursement INAMI,par groupe, en Dose Moyenne Journalière, comparaison territoriale, 2013

 

Conclusion

A la lumière des données présentées, une réflexion essentielle est à mettre en avant : pour améliorer l’état de santé des carolos, il est fondamental d’articuler un travail sur les comportements individuels avec une prise en considération des déterminants de la santé.
Des actions doivent être engagées pour amener à la modification de certains comportements individuels qui ont un impact sur la santé des personnes. Les principaux comportements sur lesquels il faut agir sont bien connus : tabagisme et consommation d’alcool, alimentation et sédentarité.
Les actions à mener sur ces thématiques auront un impact d’autant plus important si elles sont construites sur des stratégies de promotion de la santé, comme favoriser l’implication d’acteurs issus de différents secteurs, favoriser des démarches de co-construction avec les publics concernés et valoriser les ressources du territoire (celles des professionnels, comme celles des citoyens).
D’autre part, ces actions doivent s’articuler avec d’autres projets qui vont intervenir cette fois sur les facteurs qui influencent les conditions de vie des personnes : l’emploi, l’éducation, l’environnement, la mobilité, le logement, la cohésion sociale, les services de santé, etc.
Et enfin, l’ensemble de ces actions sur les comportements individuels et sur les autres déterminants de la santé doivent tenir compte des inégalités sociales de santé, c’est-à-dire des différences d’état de santé importantes et évitables entre des personnes appartenant à des groupes sociaux différents. Elles concernent toute la population selon un gradient social qui augmente régulièrement des catégories les plus favorisées aux catégories les plus défavorisées (http://www.inegalitesdesante.be/glossaire.php ). Le constat est fait que les personnes socialement défavorisées sont en moins bonne santé et les analyses montrent que l’écart a tendance à se creuser de plus en plus. Il est donc essentiel de mener sur Charleroi des actions qui vont améliorer la santé de la population mais surtout qui vont réduire les écarts de santé entre les sous-groupes qui la composent.

La Commission des Déterminants Sociaux de la Santé (OMS), met en avant trois principes d’actions pour réduire ces inégalités sociales de santé29, qui confirment la réflexion des quelques lignes qui précèdent :
– Améliorer les conditions de vie quotidienne, c’est-à-dire les circonstances dans lesquelles les individus naissent, grandissent, vivent, travaillent et vieillissent
– Lutter contre les inégalités dans la répartition du pouvoir, de l’argent et des ressources, c’est-à-dire les facteurs structurels dont dépendent les conditions de vie quotidiennes, aux niveaux mondial, national et local
– Mesurer l’ampleur du problème, évaluer l’efficacité de l’action, étendre la base de connaissances, se doter d’un personnel formé à l’action sur les déterminants sociaux de la santé et sensibiliser l’opinion aux questions de déterminants sociaux de la santé.
Les données du chapitre « santé » de ce baromètre socio-économique et sanitaire de la Ville de Charleroi sont donc à mettre en lien avec les autres chapitres. C’est notamment grâce à ces liens que des acteurs issus de différents secteurs pourront se mobiliser et réaliser des actions dont l’objectif final sera l’amélioration de la qualité de vie des citoyens de Charleroi.

29 OMS, (2009), « Combler le fossé en une génération. Instaurer l’équité en santé en agissant sur les déterminants sociaux de la santé : rapport final de la Commission des Déterminants Sociaux de la Santé » (p.10)