Education & formation

Introduction

Aborder la question de l’éducation au sens large et de la formation, c’est s’attaquer à un vaste domaine. De l’enseignement obligatoire à la formation continue, des études supérieures aux formations qualifiantes, l’étendue du champ est immense.

Le niveau d’instruction détermine très largement l’accès à l’information et la capacité à utiliser ces nouvelles informations de manière utile. Il est un déterminant important des revenus et de la profession.

Il existe un lien fort entre le niveau d’éducation de l’individu et sa santé physique ou mentale. Les études et les statistiques[1] montrent que plus le niveau d’éducation est élevé, plus l’état de santé est bon. Comme le confirment les principaux résultats de l’Enquête Sociale Européenne (édition 7), il existe de fortes inégalités sociales dans le domaine de la santé : les personnes mieux éduquées, bénéficiant d’un statut professionnel plus important présentent des taux de morbidité et de mortalité plus faibles.

S’intéresser au domaine de la formation et plus généralement de l’éducation c’est également prendre en compte une nouvelle entité territoriale, qui a vu le jour en 2014[2] afin de coordonner au mieux l’offre de formations et les besoins du marché de l’emploi : les instances Bassins de vie Enseignement qualifiant – Formation – Emploi. Ces instances (et ici plus spécifiquement celle du territoire Hainaut sud) offrent « un dispositif permanent et structuré favorisant les collaborations entre l’ensemble des acteurs du monde de l’enseignement qualifiant (secondaire, supérieur et promotion sociale), de la formation professionnelle et de l’emploi est mis en place. Les bassins de vie permettront une concertation permanente entre ces acteurs et les partenaires sociaux afin de permettre une véritable cohérence des offres d’enseignement qualifiant et de formation professionnelle entre elles et avec les besoins socio-économiques constatés sur chaque bassin. Mais les bassins de vie permettront également de favoriser le développement de projets conjoints visant à l’amélioration des dispositifs d’enseignement qualifiant et de formation professionnelle au niveau local. »[3]

Ce dispositif offre l’opportunité d’étendre la concertation à un ensemble plus global d’acteurs, afin de rendre le parcours d’insertion le plus cohérent et efficient possible pour différents publics.

Les données (lorsqu’elles sont disponibles) sont récoltées par une diversité d’acteurs et sont difficilement compilables. Au regard de la distribution du pourcentage de personnes faiblement/fortement diplômées sur Charleroi, nous avons néanmoins voulu donner une vision de l’éducation/formation au travers principalement de deux grandes thématiques, les possibilités pour un public faiblement diplômé et le développement de l’offre d’enseignement supérieur sur l’entité.

[1] Par exemple : Enquête Nationale de Santé par Interview – https://www.sciensano.be/fr/projets/enquete-de-sante-par-interview-2018

[2] Accord de coopération – Décret conclu le 20 mars 2014 entre la Communauté française, la Région wallonne et la Commission de la communauté française relatif à la mise en œuvre des Bassin EFE.
https://wallex.wallonie.be/index.php?doc=28258&rev=29635-19548

[3] http://gouvernement.wallonie.be/bassins-de-vie-enseignement-qualifiant-formation-emploi-c-est-sur-les-rails-1

1          Coup d’œil sur les données de l’enseignement obligatoire[4]

1.1        Effectifs de l’enseignement à Charleroi

Tableau I : Effectifs de l’enseignement à Charleroi – Evolution entre 2004 et 2018 par niveau de scolarité

2004-2005 2005-2006 2006-2007 2007-2008 2008-2009 2009-2010 2010-2011 2011-2012 2012-2013 2013-2014 2014-2015 2015-2016 2016-2017 2017-2018
Maternel Ordinaire 7 543 7 642 7 411 7 443 7 569 7 692 7 944 8 038 8 001 8 079 8 051 7 855 7 744 7 776
Maternel Spécialisé 24    34    44    42    31    36    35    35    42    45    44    40    41    36
Primaire Ordinaire 12 135 12 157 12 314 12 415 12 464 12 488 12 522 12 807 12 943 12 856 12 946 13 122 13 182 13 384
Primaire Spécialisé    665    693    703    704    728    742    779    787    762    764    764    755    760    782
Secondaire Ordinaire 13 070 13 046 12 840 12 636 12 533 12 383 12 236 12 145 12 308 12 544 12 654 12 922 12 840 12 941
Secondaire Spécialisé    484    511    520    512    534    549    553    586    582    588    591    570    585    591
Somme : 33 921 34 083 33 832 33 752 33 859 33 890 34 069 34 398 34 638 34 876 35 050 35 264 35 152 35 510

Durant l’année scolaire 2017/2018, ce sont au total 35.510 élèves qui sont scolarisés sur le territoire Carolo. Dans l’ensemble, ils se répartissent de la manière suivante : 22% dans l’enseignement maternel, 40% dans le primaire et 38% dans l’enseignement secondaire. Le pourcentage des élèves fréquentant l’enseignement spécialisé s’élève à 5,5% dans le primaire et 4,5% dans le secondaire.

Le nombre d’élèves total est en constante augmentation depuis 2010. On observe une croissance de 4,2% entre 2010 et 2018. Cette augmentation semble plus perceptible parmi les élèves de l’enseignement primaire, et ce depuis 2004 (+ 10%). Inversement, les effectifs de l’enseignement secondaire avaient fortement diminué entre 2004 et 2010 pour augmenter ensuite dans le courant des 5 dernières années et retrouver un effectif en 2018 similaire à celui de 2004.

[4] Données du Census 2011. http://census2011.fgov.be/index_fr.html

1.2        L’enseignement primaire

En 2011, la province du Hainaut compte 14,1 % de sa population détenant uniquement un diplôme de l’enseignement primaire. Cette part est plus élevée par rapport à la Wallonie (12,5 %), la Flandre (13,3 %) et la Belgique (12,8 %). Au niveau communal, les disparités sont plus significatives, les taux varient entre 7,4 % pour la commune de Jurbise, jusqu’à 19,5 % à Mouscron.

La ville de Charleroi atteint un pourcentage de 17% de la population de 18 ans et plus ayant un diplôme de l’enseignement primaire uniquement. Elle est la quatrième commune avec le taux le plus élevé (derrière les communes de Comines, Farciennes et Mouscron)

1.3        Diplôme du secondaire

En ce qui concerne l’enseignement secondaire, 50,9 % de la population de la province du Hainaut ne disposent que d’un diplôme de l’enseignement secondaire. Ce taux est de 49,4 % en Wallonie, 46,9 % en Flandre et 46,1 % en Belgique.

Ici aussi, les taux varient très fortement d’une commune à l’autre, il est par exemple de 46,3 % à Farciennes alors que Jurbise affiche à peine 25,5 %. Le taux de diplômés de l’enseignement secondaire à Charleroi est de 43,6%.

1.4        Diplôme du supérieur

La province du Hainaut présente encore une part importante de personnes ne disposant que d’un diplôme de l’enseignement primaire (14,1 %). La part de diplômés du supérieur s’élève quant à elle à 20,1 %. Charleroi est relativement en dessous de ce pourcentage provincial vu que le pourcentage de diplômés du supérieur s’élève à seulement 14,3%.

Figure I : Formation – part de la population de 18 ans et plus ayant un diplôme de l’enseignement supérieur. (en%) 2011

1.5        Le redoublement Charleroi

Tableau II  : Nombre de redoublement Charleroi (2014/2015)

Maternel Primaire Secondaire
Non redoublants Redoublants Non redoublants Redoublants
Charleroi 9 021 13 794 785 11 984 2 649
Hainaut 52 629 87 423 3 810 83 009 13 836

Sources : Etnic, Hainaut Développement

Comparativement effectifs de redoublement de la province du Hainaut, le nombre de redoublants enregistrés à Charleroi sont plus élevés, et ce quel que soit le niveau d’enseignement (primaire ou secondaire)

A Charleroi, le taux de redoublement dans l’enseignement primaire représente 5,4%. Cela concerne plus particulièrement les élèves résidant à Charleroi et scolarisés dans un établissement de la commune. Le taux de redoublement au sein de l’enseignement secondaire s’élève à 18,1%. Il affiche le deuxième taux de redoublement le plus élevé de la province (après la commune de Quaregnon).

Tableau III : récapitulatif et comparatif du pourcentage de diplômés

Primaire Supérieur
Belgique 12,8% 25,1%
Wallonie 12,5% 23,9%
Hainaut 14,1% 20,1%
Charleroi 17,0% 14,3%

Sources et Contact Statistics Belgium http://statbel.fgov.be/en/statistics/figures/ Census 2011 – Hainaut stat.

La ville de Charleroi se démarque notamment par un taux élevé de personnes faiblement diplômées et un taux relativement plus faible d’individus possédant un diplôme de l’enseignement supérieur. Comme le souligne Thomas Dermine « En ce qui concerne la connaissance, facteur important de la reconversion économique, Charleroi affiche un déficit croissant en termes de capital humain. De plus, la ville semble s’inscrire dans une spirale d’exode de ses populations qualifiées et de paupérisation. En définitive, Charleroi apparaît comme l’exemple type d’une ville qui, avec la désindustrialisation, a perdu l’avantage compétitif qui avait non seulement été la base de son succès économique, mais aussi à l’origine de sa naissance en tant que ville. Le déclin économique et social de la ville suggère que celle-ci n’a pas réussi à trouver de positionnement stratégique soutenable au sein du système urbain compétitif généré par l’économie de la connaissance. » [5]

Le chapitre suivant sera l’occasion de se focaliser sur ces deux problématiques et d’analyser les stratégies concrètes mises en place par les institutions de la formation et de l’éducation pour parer à ces constats.

[5]Dermine, T. (2010), Un plan stratégique pour Charleroic Courrier hebdomadaire du CRISP (n°2060)

2       La problématique des publics faiblement diplômés

Un faible niveau de diplôme peut être un frein à l’employabilité ou à l’entrée en formation professionnelle qualifiante. A ce propos, le lecteur pourra consulter le cahier thématique dédié au chapitre socio-économie du baromètre, et notamment y découvrir l’analyse des D.E.I. (demandeurs d’emploi inoccupés) stratifiée par niveau d’éducation.

En avril 2017, 89,2 % des D.E.I. de Charleroi n’avaient pas dépassé le stade des études secondaires (90,4 % chez les hommes et 87,6 % chez les femmes). Leur nombre a diminué ces cinq dernières années (-9,1 % pour les hommes et –12,3 % pour les femmes).

Les diplômés de l’enseignement supérieur représentent eux 7,5 % du total des demandeurs d’emploi (5,9 % pour les hommes et 9,4 % pour les femmes). En 2013, ce pourcentage était de 5,6 % pour les hommes et 7,4% pour les femmes, soit 6,4 % pour l’ensemble des D.E.I. Selon le Bureau du Plan, entre 2002 et 2009, avant la crise financière, les jeunes de 17 à 25 ans ayant au maximum un diplôme du secondaire réduisaient leur chance de 43 % de sortir du chômage par rapport à ceux ayant un baccalauréat. Après la crise, le pourcentage est passé à 47 %. Nous reviendrons plus tard sur la problématique de la formation et de l’accès à l’emploi des jeunes.

Tableau IV  : DEI par type d’étude (en effectif), par sexe, Charleroi, juin 2015

Hommes Primaire +

Sec. de base

Secondaire 2e degré Secondaire 3e degré Supérieur Apprentissage Autres Total général
Avril-2016 4.194 2.602 2.984 629 369 45 10.823
Avril-2017 4.105 2.447 2.843 610 329 53 10.387
Femmes Primaire +

Sec. de base

Secondaire 2e degré Secondaire 3e degré Supérieur Apprentissage Autres Total général
Avril-2016 2.559 2.037 3.108 766 200 22 8.692
Avril-2017 2.445 1.914 2.987 791 216 31 8.384

Source : Forem

Par ailleurs, en Belgique francophone, plus de 10% des personnes adultes (belges ou étrangères) rencontrent des problèmes d’écriture et/ou de lecture.[6]

Afin d’offrir à tous la possibilité d’acquérir les savoirs et compétences de bases (lire et écrire), les organismes de formations en Alphabétisation (Lire et Ecrire ASBL, la Funoc,…), visent à permettre aux personnes adultes infra scolarisées d’accéder aux dispositifs éducatifs. L’objectif est d’essayer de remédier aux nombreuses difficultés rencontrées par les personnes qui ne maîtrisent pas la langue et faciliter par-là, leur intégration dans la vie sociale et professionnelle[7].

Tableai V : Nombre et caractéristiques des étudiants suivant des cours en alphabétisation, CEB, FLE débutant et formation de base. Année scolaire 2015/2016, Bassin EFE Hainaut SUD [8]

Nombre étudiants Etudiants demandeurs d’emploi Etudiants bénéficiant du rmi Etudiants bénéficiant d’autres exemptions Etudiants demandeurs d’emploi en % Etudiants bénéficiant du rmi en % Etudiants bénéficiant d’autres exemptions en %
599 135 142 181 23 % 24 % 30 %

Tableau VI : Nombre d’inscriptions à des cours en alphabétisation, CEB, FLE débutant et formation de base. Année scolaire 2015/2016, Bassin EFE Hainaut SUD et par sexe

Inscriptions Hommes Femmes Hommes, en % Femmes, en %
632 451 411 52 % 48 %

 

Parmi les structures disposant des cours d’alphabétisation et des remises à niveau, nous retrouvons les centres d’insertion socio-professionnelle (CISP, que nous avons abordé dans le chapitre économie sociale). En 2017, 47%[9] des stagiaires du bassin EFE Hainaut SUD (3.182 stagiaires) recevaient une formation de base promulguée par un CISP. La formation de base vise à l’acquisition de connaissances élémentaires, de compétences générales et techniques et de comportements utiles à l’insertion socioprofessionnelle, qui ne sont pas directement liés à un métier déterminé. On y retrouve donc les formations en alphabétisation, français langue étrangère, et remise à niveau. A Charleroi, 13  organismes  de type CISP (8 DéFI et 5 EFT) sont actives dans le secteur de la formation et de l’insertion socioprofessionnelle. Elles employaient, en 2015, près de 400 personnes sous contrat de travail et accompagnaient près de 3.000 demandeurs d’emplois inoccupés sous contrat de formation.[10]

[6] http://www.funoc.be/?Alphabetisation-pour-public

[7] Source : Etat des lieux de l’alphabétisation en RWB

[8] Source : Etat des lieux de l’alphabétisation en RWB (p.75)

[9] Source ; http://www.interfede.be/wp-content/uploads/2019/03/20190228_Stagiaires-et-offre-formation-CISP-Analyses-statistiques-2016-2017_VOK.pdf

[10] Pour plus d’information sur les CISP à Charleroi, voir chapitre économie-sociale

 2.1  Jeunes et faiblement diplômés, une double peine ?

Parmi les personnes éloignées de la formation et de l’emploi, on y dénombre le plus souvent des jeunes publics.

La précarisation des personnes et la dégradation du tissu social s’approfondissent, fragilisant encore davantage certaines personnes, les conduisant parfois à se mettre en retrait comme le montre le phénomène des jeunes sans emploi, sans formation et sans enseignement, les NEETS.[11]

Les jeunes en situation de NEET (Le taux de NEET de l’anglais « Not in Employment, Education or Training ») est le pourcentage de jeunes d’un groupe d’âge donné (ici, les 18-24 ans) qui ne sont ni en emploi, ni aux études ou en formation. Il fournit une mesure alternative aux classiques taux d’emploi, de chômage et d’activité pour lesquels on classe les jeunes poursuivant des études parmi les inactifs. Dans l’indicateur des NEET’s, un jeune poursuivant des études n’est pas considéré comme inactif. Une part de ces NEET est probablement sortie des études récemment et est sans doute au début du processus de recherche d’emploi.

Figure II : Pourcentage des 18-24 ans ne se trouvant ni à l’emploi, ni en enseignement, ni en formation (NEET) [12]

En Wallonie, en 2018, 13,4 % des jeunes de 18-24 ans étaient sans emploi et ne suivaient ni enseignement, ni formation. A ce jour, il n’existe malheureusement pas de données pour le Bassin Hainaut-Sud déterminant le nombre de jeunes NEETs[13].

L’absence de qualifications (suffisante) ou de diplômes est un des freins à l’ISP des jeunes considérés comme NEETS, mais cette absence n’est pas la seule. On peut citer d’autres facteurs, notamment ceux liés au manque d’expérience, à la méconnaissance du marché de l’emploi ou de la recherche d’emploi, aux difficultés de mobilités ou aux difficultés sociales, personnelles ou/et familiales. Deux critères additionnels sont pris en compte pour mesurer l’éloignement de l’emploi de ces publics : La durée de l’inoccupation (plus de 2 ans) ainsi que le niveau du diplôme (inférieur au CESS).

Etant donné la variété de situations, de vécus liés aux personnes auxquelles le qualificatif « Neet » peut être appliqué, il n’existe pas de « profil-type » du jeune Neet. Une possible remédiation ne peut se résumer à un seul type d’action politique, d’autant qu’être NEET induit un risque d’exclusion du marché du travail et un processus de précarisation sociale voire une exclusion sociale.

Le public qualifié de NEETS : a été l’objet de beaucoup d’attention, considéré comme jeune mais éloignés de l’emploi. Les politiques d’activation actuelles tendent à financer de nombreux programmes de formation et d’insertion pour éviter que ces publics peu qualifiés ne s’éloignent des structures et institutions scolaire/de formation ou du marché de l’emploi.

Comme nous le montrions précédemment, Charleroi affiche un pourcentage élevé de jeunes possédant au plus le CESS. Le risque d’exclusion est par conséquent d’autant plus important pour une large proportion de la population carolorégienne.

Afin de répondre à cette problématique, différents projets (subsidiés entre autre par le Fond social européen[14]) ont été mis en place sur le Bassin-sud-Hainaut. Sans prétendre à l’exhaustivité, notons que bon nombre de ces projets émanent autant du secteur privé associatif (ASBL) que du secteur  public et qu’ils recoupent 3 thématiques principales :

  • L’accompagnement vers la formation et l’emploi

Il s’agit essentiellement de projets proposant des formations aux compétences de base, au numérique et aux enjeux citoyens. Par exemple le projet “Objectif ville” porté par la FUNOC et Lire et Ecrire[15]. On retrouve également les projets d’accompagnement personnalisé des jeunes mis en place par le FOREM. La MIREC et les différents établissements de promotion sociale et d’insertion socioprofessionnelle développent également des projets au sein de cet axe.

  • Les projets liés à une formation ou un emploi spécifique

Deux types de métiers sont principalement mis en avant dans cet axe. D’un côté la promotion des métiers techniques sous la gestion du FOREM dont 3 projets touchent spécifiquement les jeunes du Bassin. Mais également les métiers dans le domaine de la culture.

  • L’accrochage scolaire

Le troisième axe d’action s’attache à l’accrochage scolaire. L’objectif étant le renforcement des équipes éducatives dans la lutte contre le décrochage scolaire. Des plans d’actions s’inscrivent notamment dans le cadre du décret intersectoriel de collaboration entre le secteur de l’Enseignement et celui de l’Aide à la Jeunesse. L’objectif de cette collaboration est la lutte contre le décrochage scolaire ainsi que la promotion de méthodes innovantes d’accrochage scolaire. Un projet similaire a également été mis en place dans les CEFA

Lors d’un séminaire de rencontre mené fin 2017, trois problèmes constants ont été épinglés à propos de la population en situation de NEET :- La diversité des situations et des difficultés de ces jeunes (problèmes de logement, de santé mentale, etc.) qui expriment des besoins et des attentes ;

– La localisation de ces jeunes avec l’enjeu de les accrocher/mobiliser

– La quantification (nombre de jeunes concernés par la situation de NEETs sur le bassin Hainaut-Sud) reste approximative

2.2    La formation à destination des publics peu qualifiés.

Malgré ce constat lié au NEETS, qui est un public très difficile à accrocher, l’offre de formation à Charleroi à destination du public possédant peu de qualification est conséquente.

De nombreuses initiatives ont vu le jour ces dernières années afin de mieux recenser, promouvoir et optimiser cette offre de formation.

A titre d’exemple, le plan de cohésion social de Charleroi, dans le cadre de son axe « insertion socioprofessionnelle » a confié à la Funoc[16] le projet de mettre autour de la table les différents acteurs de l’offre de formation sur Charleroi (bassin de vie) afin de répertorier les formations disponibles pour les publics dits peu qualifiés. Un portail d’informations disponible en ligne a vu le jour : La plateforme Cforma +[17]

L’arborescence du site a été pensée pour partir des secteurs et des métiers et ainsi tracer les parcours pour arriver à l’offre de formation la plus pertinente[18].

« Le portail Cformaplus rassemble les offres de formation des 27 communes du bassin de vie  de Charleroi pour les personnes adultes qui n’ont pas le diplôme CESS. Cformaplus se veut simple, lisible et utilisable facilement par les demandeurs de formation « peu qualifiés ». En effet, souvent, ces demandeurs ne connaissent pas les formations qui sont faites pour eux dans leur région. »

L’instance bassin a également mis en place des pôles de synergie afin de favoriser le développement de politiques croisées en matière d’enseignement qualifiant, de formation professionnelle, d’emploi et d’insertion au niveau local. Ces Pôles regroupent des représentants des entreprises locales, des intercommunales de développement économique, des partenaires sociaux, des opérateurs locaux de l’emploi et de la formation et de l’insertion, des opérateurs d’enseignement qualifiant, tous compétents dans la filière ou le métier ciblé. Leur mission est de favoriser l’émergence de projets visant à améliorer les dispositifs d’enseignement qualifiant, de formation et d’insertion.

En bref, les pôles sont définis sur la base d’un socle commun d’information et d’un diagnostic commun et au départ de la volonté des acteurs locaux de développer des projets communs

Le bassin Hainaut Sud a développé 4 nouveaux pôles (qui sont venus s’ajouter aux 4 pôles existants)[19] qui tentent de répondre aux difficultés identifiées sur le terrain.

  1. Le pôle de synergies passerelles et transition part du constat du manque de complémentarité et d’articulation de l’offre de formation. Par exemple certaines actions de formation CISP ne sont pas toujours reconnues sur le Marché de l’emploi d’où la nécessité de compléter les compétences et/ou d’obtenir une attestation, un certificat. Les jeunes diplômés du qualifiant (et du général) augmenteraient leur chance d’insertion durable s’ils pouvaient avoir accès à des formations complémentaires. Ce pôle réfléchi à la construction de filières de formation intégrées dans une logique de complémentarité et visant une insertion durable des publics. Le développement de filière permettrait en effet de faciliter les passerelles entre les différents types de formation.
  2. Pôle de synergies – Evolution démographique : Le vieillissement de la population active et de la population en général est un challenge auquel le secteur va devoir faire face. Afin de prendre cette problématique à bras le corps, le pôle se donne pour objectif d’Identifier les (nouveaux) métiers et les besoins en formation inhérents au vieillissement de la population afin d’adapter l’offre d’enseignement et de formation en conséquence.
  3. Pôle de synergies – Projet professionnel et Orientation (anciennement pôle de synergies orientation) : Partant de constats similaires à ceux que nous avons déjà pu mettre en avant dans ce chapitre, à savoir que la part des demandeurs d’emploi infra-scolarisés (sur le territoire de l’IB Hainaut-sud ) est supérieure à la moyenne wallonne et que l’offre de prestations d’orientation y est inférieur[20], l’objectif de ce pôle est d’améliorer et  de mieux intégrer l’orientation dans la définition du projet professionnel et le processus d’accompagnement.
  4. Pôle de synergies – Savoirs de base. L’objectif de ce pôle est directement lié à celui visant à créer plus de passerelles. En effet, les personnes infra-scolarisés ne sont pas connectées à la réalité du marché du travail. Pour ces publics, les problèmes de savoir-être et d’apprentissage, restent un obstacle pour pouvoir monter en qualification. Construire des parcours et modèles pédagogiques qui incluent dans la formation les savoirs de base, permettront de faire avancer le public vers le marché de l’emploi.

Les pôles de Synergie existants

Dans le cadre du travail mené par le bassin ces dernières années, un focus a été déployé à différents niveaux, sur différents pôles de synergie et des chantiers ont été entamés :

  • Le pôle industrie : il vise à mettre autour de la table un ensemble d’acteurs du secteur de l’industrie. L’objectif étant de constituer un réseau dynamique de partenaires institutionnels et de terrain œuvrant dans l’enseignement et la formation aux métiers de l’industrie et contribuant à la mise en œuvre d’actions concrètes dans le but d’en avoir une meilleure connaissance et de revaloriser le secteur.
  • Le pôle alternance : ce pôle vise à valoriser la formation en alternance comme mécanisme d’enseignement et de formation permettant une meilleure insertion sur le marché de l’emploi. En comprendre les freins et diffuser l’offre.
[11] Etat des lieux de l'alpha (p.2)

[12] Iweps : https://www.iweps.be/indicateur-statistique/18-24-ans-situation-de-neet-a-lemploi-enseignement-formation/

[13] Le calcul le plus complexe est celui des jeunes inscrits en formation qui ont décroché. En effet, à cause de la réglementation en FWB sur le respect de la vie privé et de protection des jeunes, il n’est actuellement pas possible d’avoir accès à ces dossiers.

Pour plus d’information sur “la Garantie pour la jeunesse” et le public NEETS en Wallonie, voir le rapport du FOREM : https://www.leforem.be/MungoBlobs/1391426965911/201510_garantie_jeunesse_2015_Final.pdf

[14] L'initiative pour l'emploi des jeunes (IEJ) finance les projets en faveur des jeunes de 15 à 24 ans qui ne sont ni à l’emploi, ni aux études, ni en formation dans les régions européennes où le taux de chômage de ces jeunes est supérieur à 25%.

[15] http://objectif-ville.funoc.be/?p=1

[16] La Funoc (Formation pour l’Université Ouverte de Charleroi) développe, depuis 1977, un ensemble de dispositifs de formation s’adressant aux jeunes et adultes peu qualifiés et peu scolarisés de la région de Charleroi.

[17] https://cformaplus.be/app/qui

[18] Cformaplus guide le demandeur de formation vers les informations qui répondent le mieux à son attente. Cformaplus est en quelque sorte un GPS de la formation.

[19] Pour plus d’information sur les pôles de synergie, voir le site de bassin Hainaut Sud.

[20] (monographie 2018 sur l’offre de prestation AMEF)

3         La possibilité d’avoir un diplôme de l’enseignement supérieur à Charleroi

3.1      L’offre de formation supérieure : Les universités et hautes écoles[21]

Depuis 1978, l’Umons propose les 1er et 2eme cycles universitaires en cours de jour et en horaire décalé. Elle recense la participation d’environ 150 enseignants et les chiffres de fréquentations sont en croissance régulière (+96% entre 2004 et 2015).

L’ULB s’est installée depuis 2015 au centre universitaire Zénobe Gramme. Son nombre d’étudiants pour l’année académique 2017-2018 était de 117 inscrits. Elle compte environ 25 enseignants, 8 membres du corps scientifique, 7 membres du personnel administratif, technique, de gestion et spécialisé. Les différentes activités (séminaires, conférences, etc.) ont accueilli au total 2.386 personnes en 2017-2018 .

Il y a également l’UCLouvain Charleroi qui est constitué d’une part de la Maison Georges Lemaître ainsi que d’une implantation sur le campus de la HELHa dans la section de Montignies-sur-Sambre et propose 3 masters.

L’ISIPS (Institut Supérieur Industriel de promotion sociale) propose également des sections bacheliers à orientation technique et masters en ingénieur industriel, en cours du soir pour adultes.

Les hautes écoles sont quant à elles au nombre de deux :

L’Helha (Haute école Louvain en Hainaut) propose à Charleroi des bacheliers et un master. Son campus se trouve dans le centre de Charleroi.

La Haute Ecole Condorcet est répartie sur 3 sites et 3 domaines distincts à Charleroi : Technique, paramédical et économique.

Enfin, L’Université Ouverte joue un rôle d’ensemblier de formations supérieures, c’est-à-dire, selon la terminologie, une structure collective d’enseignement supérieur dédiée aux activités de formation continue (en abrégé SCES). Ensemblier veut dire qu’ils ne sont pas un opérateur de formation, comme le sont les universités, les hautes écoles et l’enseignement supérieur de promotion sociale, mais qu’ils sont au service de ces opérateurs historiques (auxquels d’ailleurs on peut ajouter le FOREM et l’IFAPME) pour organiser et accueillir des formations supérieures de proximité qui répondent aux besoins socio-économiques de la zone Charleroi Métropole. Leur rôle est de contribuer à rattraper le déficit de diplômés de l’enseignement supérieur dans notre région, ce qui freine son redéploiement.[22]

3.2       Quelques données sur l’enseignement supérieur à Charleroi

Tout d’abord, il importe de souligner que le taux d’accès aux études supérieures est très nettement inférieur à Charleroi comparé à la Communauté française. Seuls 15,4 % de la population de Charleroi et du Sud Hainaut disposent d’un diplôme de l’enseignement supérieur. A l’échelle de l’arrondissement de Charleroi, ce taux grimpe à 18,1 % ; et au niveau de la Wallonie, il se situe à 23,9 %. [23]

Force est de constater que très souvent les étudiants poursuivent leurs études dans d’autres villes, sans revenir à Charleroi. Ce constat peut trouver une voie d’explication pour diverses raisons, le contexte socio-économique peu favorable mais aussi la situation très particulière de Charleroi qui ne possède pas d’université propre mais plutôt de quelques implantations à l’image des autres universités de Wallonie et de Bruxelles. D’où, un réel besoin de rénover en profondeur l’espace public de la Ville-Haute [24]

3.2.1        Données complémentaires sur l’enseignement supérieur à Charleroi

Tableau VII : comparatif du type d’enseignement entre Charleroi et le Hainaut[25]

2005 2010 2015
Hainaut Charleroi Charleroi / Hainaut Hainaut Charleroi Charleroi / Hainaut Charleroi
Type Court 16.249 3.908 24,1 % 17.068 4.618 27 % 5.224
Type Long 3.976 939 23,6 % 3.383 799 23,6 % 904
Total 20.225 4.847 24,0 % 20.451 5.417 26,5 % 6.128

A la lecture du tableau ci-dessus, on remarque qu’à partir de 2005 le nombre d’étudiants fréquentant l’enseignement supérieur de type court augmente à Charleroi. Tel n’est vraisemblablement pas le cas pour l’enseignement supérieur de type long qui connaît plutôt une baisse significative du nombre d’inscrits en 2010 pour augmenter de nouveau en 2015, sans pour autant revenir à la situation de 2005.

Sur l’ensemble de la province de Hainaut, la part relative d’étudiants fréquentant l’enseignement supérieur de type court est plus importante à Charleroi en 2010 comparée aux données de 2005. En ce qui concerne l’enseignement de type long, les chiffres restent apparemment stables (23,6%) entre les deux périodes.

En ce qui concerne l’enseignement de type long, les chiffres restent apparemment stables (23,6%) entre les deux périodes.

Tableau VIII: Types d’opportunités d’emploi reçues au Forem en 2016

Opportunités d’emploi reçu au Forem – Bassin Hainaut Sud 2016
Apprentissage 77
Autres 582
Non renseigné 4.521
Primaire + études de bases 196
Secondaire 2ème degré 394
Secondaire 3ème degré 2.857
Supérieur 3.224
Total 11.851

Source : Forem

Nonobstant les 4.521 opportunités non renseignées par le Forem, on peut remarquer que la majorité des opportunités d’emploi enregistrées concernent l’enseignement supérieur avec 3.224 unités. On retrouve juste après et par ordre d’importance, celles relatives à l’enseignement secondaire du 3ème degré avec 2.857 unités.

Tableau IX : Evolution du nombre d’étudiants inscrits dans les centres universitaires sur le territoire carolo entre 2005 et 2015 [26]

2005 2010 2015 Evolution 2005-2015
Umons 297 455 708 138%
ULB 41 162 233 468%
UCL / / 207 /

On constate une forte augmentation du nombre d’étudiants sur les campus de l’ULB et de l’UMONS, ces deux universités ayant étendu leur offre sur le territoire au cours des dernières années.

Tableau X : types d’offres d’emplois accessibles aux diplômes de l’enseignement supérieur dans le Bassin Hainaut Sud en 2016

Offres dans le Bassin Hainaut Sud –

Emplois accessibles aux diplômes d’enseignement supérieur

Offres Forem – 2016
Enseignant d’enseignement général 506
Enseignant des écoles 440
Infirmier généraliste 188
Technicien des services comptables 135
Enseignant d’enseignement technique (agricole, professionnel, technologique) 130
Agent administratif d’entreprise 91
Infirmier de service spécialisé 65
Cadre de gestion administrative des ventes 62
Chargé d’études techniques du BTP 61
Secrétaire bureautique polyvalent 60
Intervenant d’action sociale 47
Cadre de la gestion des ressources humaines 43
Masseur kinésithérapeute 42
Médecin praticien 42
Technicien de laboratoire de recherche des industries de process 40
Technicien des services administratifs 40
Assistant de direction 37
Informaticien d’étude 37
Attaché commercial en biens d’équipement professionnels 36
Chef de chantier du BTP 32

En tête des offres, on recense principalement les métiers liés à l’enseignement, et notamment au travers de la profession d’enseignant du général (avec 506 offres), puis de l’enseignement des écoles (avec 440 offres). Dans le top 5, on retrouve également les enseignants du technique agricole et professionnel, avec 130 offres. Ces trois catégories de profession d’enseignants regroupent à elles seules 1.076 offres, soit 50,42 % de l’ensemble des offres d’emploi répertoriées dans le tableau ci-dessus. Notons enfin, une quantité non négligeable des offres touchant le secteur médical, et en particulier les infirmiers généralistes (188) et des services spécialisés (65). Sans toutefois oublier les techniciens des services comptables (135) et les agents administratifs d’entreprise (91).

 

[21] Pour plus d’information sur le paysage institutionnel universitaire belge voir annexe.

[22] https://www.uo-fwb.be/luo/

[23] STATbel

[24] Ville de Charleroi – Projet de Ville 2019-2024

[25] Etats de lieux de l’enseignement supérieur (2017) IBEFE Hainaut Sud.

26] Etats de lieux de l’enseignement supérieur (2017) IBEFE Hainaut Sud.

 

4        Promouvoir l’enseignement supérieur.

4.1      Les structures collectives d’enseignement supérieur –

Les Gouvernements de la FWB et de Wallonie ont agréés 4 structures collectives d’enseignement supérieur. Celles-ci visent à offrir une offre de formation continuée adaptée aux besoins socio-économiques locaux. Elles associent différents partenaires : universités, hautes écoles, établissements de promotion sociale et opérateurs de formation. Ces infrastructures sont mises à disposition du FOREm et de l’IFAPME afin de développer un partenariat avec des établissements d’enseignement supérieur, une offre de formation du niveau supérieur.[27]

4.2         Un exemple concret : le pôle Hainuyer

Le Pôle hainuyer est l’un des cinq pôles académiques mis en place, au côté de l’Académie de Recherche et d’Enseignement Supérieur (ARES), par le décret du 7 novembre 2013 redéfinissant le paysage de l’enseignement supérieur en Fédération Wallonie-Bruxelles et l’organisation académique des études (ou décret « Paysage »).

Le Pôle hainuyer regroupe l’ensemble des institutions d’enseignement supérieur situées sur le territoire de la province du Hainaut, toutes formes d’enseignement et tous réseaux confondus. Ses statuts ont été déposés le 14 octobre 2014. Le Pôle hainuyer a été officiellement inauguré le 20 octobre 2014, au Palais des Beaux-Arts de Charleroi.

Leurs missions sont variées mais voici deux exemples d’évènements concernant Charleroi :

  1. Coup de pouce : Le Pôle hainuyer propose de donner un « Coup de pouce » en organisant gratuitement des cours préparatoires aux études supérieures, à l’intention principalement des diplômés des filières technique et professionnelle.
  2. Evènement des métiers : Le Pôle hainuyer a organisé le mercredi 27 février 2019 une journée « Métiers », intitulée « Plus tard, je serai… », en collaboration avec l’Université ouverte de la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Cité des Métiers de Charleroi. Cet évènement a pour objectif de fournir une information actualisée sur les différents métiers auxquels peuvent mener les formations d’enseignement supérieur, en s’appuyant sur des témoignages de professionnels, dans la mesure du possible, de la région de Charleroi et des découvertes sur le terrain (visites d’organisations, institutions publiques et entreprises de la région carolorégienne). Une première édition de cette manifestation a été organisée en 2018, à Charleroi, et a attiré près de 550 élèves du degré supérieur du secondaire, issus d’une dizaine d’écoles de la région, ainsi qu’une soixantaine de professionnels.

4.3        La Cité des métiers

Cinq ans après l’accord de financement du projet, la construction de la Cité des métiers va démarrer sur le futur campus des Sciences, des Arts et des Métiers à Charleroi.

Trois pouvoirs se répartissent la subsidiation :

  • La Province de Hainaut : 62 %
  • Les Aumôniers du travail : 31 %
  • La Fédération Wallonie-Bruxelles : 7 %

L’intercommunale Igretec intervient comme bureau d’études. Le guichet unique d’orientation, information et conseil sur les métiers et filières de formation accueille 150.000 demandes tous les ans.En 2018, 4.276 personnes ont bénéficié de leurs services : 3.671 élèves et 605 demandeurs d’emploi. Des visites d’entreprises, exploration de chantiers, découverte des métiers et des technologies avancées grâce à des stages d’immersion sont organisés pour les plus jeunes (457 jeunes ont participé à des visites d’entreprise). Des outils de communication ont également été développés : clips vidéos, réseaux sociaux, etc.

C’est un projet qui s’adresse aux élèves de 2ème année du premier degré qui sont à l’aube d’un premier choix d’orientation. Il se déroule dans près de 15 établissements scolaires, 2 centres de technologie avancée et plus d’une vingtaine d’entreprises durant toute l’année scolaire (d’octobre à mai).

La Cité des métiers fonctionne actuellement et reçoit un subside annuel de 500.000€ afin de couvrir le coût salarial des membres de son équipe.

L’objectif est de développer plusieurs pôles dont le premier, le pôle soudure, démarrerait pour la rentrée 2020 avec une fréquentation espérée de 3.000 étudiants pour 800 professeurs, formateurs et conseillers.

Ce seront 55.000 mètres carrés de classes et d’ateliers, dont 45.000 dans le bâtiment Rouiller sur le site de l’UT et 10.000 aux Aumôniers.

4.4       Actions futures :

  • La création du nouveau Centre universitaire Zénobe Gramme[28] qui associe ULB, UMONS, Province du Hainaut et Ville de Charleroi via l’université ouverte de la fédération Wallonie-Bruxelles. L’ambition est d’atteindre les 10.000 étudiants par an, à l’horizon 2022. Sous l’impulsion de Paul Magnette, ce projet a été inclus dans la fiche projet « Charleroi District Créatif » déposée par la Ville dans le cadre des fonds structurels FEDER 2014-2020. La Ville a obtenu une enveloppe de 142 millions € de fonds FEDER dont 15,3 millions € sont affectés à la reconversion du bâtiment Zénobe Gramme, 5 millions € au centre de Design et innovation, 5 millions € au centre d’excellence en efficacité énergique et 1,22 million € au BPS 22. Au total si on somme l’ensemble des projets, tous partenaires confondus, ce sont quelques 100 millions d’euros qui sont consacrés à la formation à Charleroi.
  • La création du Biopark[29], 1.300 personnes qui travaillent chaque jour sur le site au sein de 50 sociétés.
  • Un nouveau programme en horaire décalé à la rentrée 2018 à Charleroi : le master en management territorial et développement urbain[30]
  • Afin de combler le manque de 250 ingénieurs avec un profil autour de l’électronique[4] et de l’énergie dans la région, à partir de janvier 2019, une nouvelle formation universitaire en électronique de puissance fut créée. Thales Alenia space, Alstom et UMONS en partenariat avec l’UCL, l’ULG et l’ULB. Cette formation est hébergée et coordonnée par l’université ouverte de la fédération Wallonie-Bruxelles.
[27] www.parlement-wallon.be


[28] Ulb.ac.be – dossier de presse

[29] http://www.biopark.be/

[30] https://web.umons.ac.be/fau/fr/formations/management-territorial-developpement-urbain/

[31] http://www.catch-charleroi.be/

  5     Conclusion

L’amplitude du champ étudié nous a imposé des choix. Les chiffres parlant d’eux-mêmes, ce sont les extrêmes que nous avons décidé d’aborder (la formation pour les personnes peu qualifiées et le développement des études supérieures). Une fois la décision prise de se focaliser sur ces deux domaines, il était néanmoins également complexe d’être exhaustif. Sans vouloir nous lancer dans un cadastre de l’offre nous avons tenté de mettre en exergues certaines problématiques, constats et mise en œuvre au sein du bassin et de la région de Charleroi.

Dû à la situation spécifique et à l’histoire du territoire, il y a une réelle richesse au niveau de l’offre pour les publics infra-qualifiés à Charleroi et au sein du bassin Hainaut sud. Mais le manque de coordination de l’offre, les freins légaux et institutionnels ainsi que le manque de vision globale articulée autour de parcours, sont des faiblesses que constatent les différents opérateurs. Ce manque de coordination et de passerelles est une des variable qui induit des difficultés pour le public à atteindre le marché de l’emploi. La mise en place de pôles de synergie est une initiative qui, consciente de ces différents constats, dans une remise en question et une analyse cadastrale et prospective tente de travailler sur ces faiblesses.

Si nous soulignons le manque de vision globale au niveau de l’offre pour les publics peu qualifiés. A l’inverse, on retrouve la volonté d’en créer une dans le développement de l’offre au niveau du supérieur. Les décrets en sont d’ailleurs un bel exemple. On observe sur le territoire carolo une augmentation considérable de l’offre et de la fréquentation des infrastructures proposant des études supérieures. On constate, une volonté politique nette de développer Charleroi comme une ville universitaire.

Annexes

Quelques informations importantes sur l’enseignement en Belgique

A – Le décret de Bologne

Les principales lignes d’actions et réformes du Processus de Bologne ont été mises en œuvre dès 2004 suite à l’adoption du décret du 31 mars 2004, décret dit « de Bologne ».

Les grands axes de ce décret consistent notamment en :

  • L’intégration de tous les types d’enseignement de la Fédération Wallonie-Bruxelles (universités, hautes écoles, écoles supérieures des arts, établissements d’enseignement de promotion sociale) au sein d’un même système et d’une structure en trois cycles de l’enseignement supérieur ;
  • La disparition des anciens grades et diplômes au profit d’une terminologie harmonisée : bachelier, master, master complémentaire et doctorat ;
  • La définition des modalités de partenariat entre établissements de la Fédération Wallonie-Bruxelles mais également avec leurs partenaires à l’étranger ;
  • L’utilisation systématique des crédits sur base du système ECTS (European Credit Transfer System) ;
  • La délivrance obligatoire et gratuite du Supplément au Diplôme ;
  • le renforcement de l’apprentissage tout au long de la vie, notamment via la valorisation des acquis de l’expérience.[1]

B – Le décret paysage

Issue d’une démarche participative, la réforme du paysage de l’enseignement supérieur a abouti à l’adoption du décret du 7 novembre 2013. Outre les orientations déjà incluses dans le décret de « Bologne », le décret « Paysage » définit de nouvelles dispositions qui renforcent d’autant plus l’intégration de l’enseignement supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles au sein de l’Espace européen de l’enseignement supérieur :

  • La systématisation de l’approche par acquis d’apprentissage et la révision des descripteurs du Cadre des certifications de l’enseignement supérieur (voir : Cadre des certifications de l’enseignement supérieur) ;
  • Le renforcement du parcours d’apprentissage personnalisé, notamment par une modularisation progressive des études, la suppression de la notion d’année d’études, la systématisation de la reconnaissance des acquis formels, non-formels et informels ;
  • Le renforcement de la mobilité et de la collaboration internationale, notamment par la suppression des obstacles relatifs à la co-diplômation, la poursuite des mécanismes d’aides financières à la mobilité ;
  • La poursuite de la démocratisation de l’enseignement supérieur, notamment par le renforcement des mécanismes d’aide à la réussite auprès des étudiants
[1] www.enseignement.be